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Egalité économique et social, Autogestion, Fédéralisme, Liberté. Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes ou femmes, sont également libres. La liberté d’autrui, loin d’être une limite ou une négation de ma liberté, en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation (Bakounine)

Souffrance au travail: “Cadres par ici la sortie” licenciement pour faute avec mise à pied conservatoire

Posté par assr38 le octobre 21, 2007

Toujours dans le cadre de la souffrance au travail et de la nouvelle façon de licencier en particulier dans la grande distribution, les sociétés de services en informatique et l’industrie pharmaceutique, voir le bouquin suivant:

“Cadres par ici la sortie!”
Guide servie en milieu hostile
Editions First 2007
ISBN:978-2-7540-0421-3
de Françoise Eiera-Dabo
avec Jean-Claude Picot

avec quelques extraits:

p.16 “Aujourd’hui (2007) c’est clair la donne a changé : il suffit de
regarder autour de soi pour constater que le licenciement négocié est
devenu un Graal réservé aux plus chanceux ou à ceux ayant la plus forte
capacité de nuire. Les autres ? Il se voient administrer un traitement
de choc que ne désavouerait pas la production de Koh Lanta. A défaut de
pouvoir les obliger à déguster du cafard grillé – mais ça peut venir -
leur hiérarchie se met soudain à leur faire avaler de pleins seaux de
couleuvres de moins en moins digestes, à les submerger de tâches de plus
en plus absurdes ou irréalisables jusqu’à ce que l’écoeurement et
l’épuisement fassent leur oeuvre pour les précipiter vers la sortie. Et
si d’aventure le traitement tarde à produire ses effets, il n’est pas
exclu que se déclenche brusquement une procédure accélérée d’escamotage:
un bon licenciement pour faute assorti d’une mise à pied conservatoire
et les voilà disparus du payasage”.

p.18
“un constat clairement posé par un autre rapport effectué pour le
ministère de l’Emploi où l’on apprend que “tensions et humiliations”
afin de provoquer une démission ou “mettre à terre une personne” en la
licenciant pour une faute imaginaire font désormais partie des
stratégies classiques des directions d’entreprise souhaitant réduire
leurs effectifs”. Une utilisation bien particulière du licenciement pour
motif personnel (LMP) qui touche en priorité les cadres et s’observe le
plus souvent dans les grandes entreprises et le secteur des nouvelles
technologies


p.20 “tous les cadres sont parfaitement au courant de l’existence de
pratiques humaines peu reluisantes, mais curieusement, peu accptent de
réaliser “pour de bon” qu’elles puissent se concrétiser sur leur propre
personne”

p.35 “Facteur de risque supplémentaire: vous aimez votre travail
…plusieurs chercheurs en psychologie ou médecine du travail -
Christiane Kreilow et Philippe Davezies – pour ne citer qu’eux ont en
effet mis en évidence à quel point le souci de produire un travail de
qualité constitue aujourd’hui un facteur majeur de vulnérabilité”.

p39 “..Or par les temps qui courent, passer pour un emêcheur de tourner
en rond voire quelle horreur, pour quelqu’un qui ne joue pas le jeu,
n’est pas forcément très prudent.

p.69 Les “coucous managers”…Intellectuellement médiocres, ils ne
peuvent guère compter que sur leur habileté à vampiriser le travail
d’autrui – compétents eux – et sur leur habileté à rayer du paysage ceux
qui auraient des vélléités de résistance. Ils auraient tort de s’en
priver: l’évolution de la société vers la rivalité et
l’instrumentalisation de l’autre font désormais apparaitre leur capacité
à manipuler et leur absence de scrupule comme de vraies qualités de
“stratège”. Pour s’en convaincre il suffit d’allumer sa télé.


p.70 “Comble de malchance le “coucou manager” est une espèce qui se
reproduit à toute allure. Il suffit qu’il en arrive un à la tête d’une
organisation pour qu’il recrute une ribambelle de ses congénères qui
auront tous le même profil: un Q.I de poulet mais un bec très acéré. Et
surtout un très gros appétit…dans leur système de pensée, talent ou
compétences ne constituent pas des valeurs en soi et ne méritent aucun
respect particulier, pas plus que les individus qui en sont détenteurs.
Ce sont seulement des matières premières dans lesquelles on puise”.

p.84 “Opératio Katapult …alors vous avez compris qui est le chef ? -
surtout si vous aviez commis l’erreur de tiquer devant l’inanité de
certains de leurs propos ou décisions. Dans ce cas là, mettons qu’ils
joignent l’utile – faire place nette – à l’agréable.”


p.86 “..Inutile de préciser que seuls les naifs peuvent croire qu’être
licencié pour faute suppose d’en avoir commis une”.

3 Réponses vers “Souffrance au travail: “Cadres par ici la sortie” licenciement pour faute avec mise à pied conservatoire”

  1. music a dit

    very interesting.
    i’m adding in RSS Reader

  2. [...] et représentatifs, celle-ci se modernise et élargit ses mission en te préparant desormais à l’entrée dans le monde du travail, seul lieu d’épanouissement du citoyen, afin que tu puisses enfin travailler plus à [...]

  3. anderson a dit

    Industrie pharmaceutique
    Janssen Cilag filiale du groupe Johnson & Johnson fait une saignée…
    dans son personnel

    Johnson & Johnson, un des géants pharmaceutiques va licencier quelque 4.800 personnes au niveau mondial. Après la Belgique, c’est la France qui pourrait faire les frais de la plus grosse restructuration entreprise à ce jour par cette société. Une restructuration que rien ne justifie… hormis le souci de bichonner les actionnaires.

    « Il n’est pas d’équilibre plus fragile que le bonheur des hommes… » c’est une introduction au « Credo » de Janssen-Cilag (filiale du géant US Johnson & johnson) qui « se fait le champion de la qualité, de l’innovation, de la disponibilité que du dialogue ouvert »… Concernant ce denier point on peut émettre certains doutes au vu de récentes mesures prises par ce laboratoire d’un paternalisme douteux : le licenciement de 700 personnes en Belgique, faisant passer le nombre de salariés de 4700 à 4000.
    Comme l’explique une employée : « nous avons eu droit au harcèlement moral, au plan social déguisé et maintenant à des licenciements à la fois massifs et abusifs… »
    ACTIONNAIRES CONTRE PERSONNEL
    Le laboratoire dont certains médicaments vont être déremboursés a entrepris de dégraisser les effectifs, ses responsables annonçant, lors d’un récent conseil d’entreprise extraordinaire à Beerse (Belgique), le licenciement de 688 personnes à Beerse, Geel et Olen. J-C a l’intention d’externaliser toutes les compétences qui ne sont pas centrales au sein de son organisation.
    Ces « mesures sociales » contrastent avec la croissance qu’affichait l’entreprise ces dernières années.
    Créée en 1957, l’entreprise devient une filiale de la multinationale Johnson & Johnson au début des années 70. Les activités belges ont occupé au fil du temps une position clé, de sorte qu’en 2006, Janssen Pharmaceutica est plus gros investisseur de Belgique avec plus d’un milliard d’€ d’investissement… plus que l’ensemble du budget flamand de la recherche !
    Aujourd’hui, la direction de la filiale Janssen Pharmaceutica parle d’un « moment très difficile dans l’histoire de l’entreprise ». Il y a quelques mois, elle avait déjà annoncé le déménagement d’une partie de la production belge vers l’Irlande, entraînant de 60 à 70 pertes d’emplois. L’entreprise avait également cessé d’engager du personnel. La direction a précisé que les sites belges de Beerse et Geel resteront les sites principaux de production mondiale pour Johnson & Johnson. Les investissements prévus à Geel (130 M€) devraient se poursuivre.
    LES SALARIES FRANÇAIS REAGISSENT
    Les syndicats, pour leur part, sont abasourdis.
    Les négociations sociales qui ont débuté en Belgique vont se poursuivre tout naturellement en France où l’on craint également le pire. De nombreux salariés ont déposé plainte aux prud’hommes pour licenciements abusifs, « la plupart des motifs avancés par la direction étant dénués de preuves tangibles ». Pour l’un d’entre eux, traduisant le sentiment général : « il s’agit d’un plan social masqué et nous allons en faire la preuve avec l’avocat qui suit notre dossier. Outre l’aspect législatif c’est l’aspect éthique et la responsabilité sociale du laboratoire qui sont à remettre en cause. »
    « Notre dernière responsabilité est envers nos actionnaires. Une société doit engranger de sains bénéfices. » stipule le credo du labo. Et c’est là, sans aucun doute, qu’il faut rechercher les causes de ces licenciements que rien ne justifie objectivement.

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