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Egalité économique et social, Autogestion, Fédéralisme, Liberté. Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes ou femmes, sont également libres. La liberté d’autrui, loin d’être une limite ou une négation de ma liberté, en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation (Bakounine)

FAC38 Grenoble: “Bonne annee ! Meilleurs voeux de lutte !”

Posté par assr38 le janvier 17, 2008

Nouvelles armesNous avons tous pu le constater, le premier semestre universitaire fut des plus mouvementés. Le gouvernement s’est livré à une attaque en règle de nos études, de nos vies et de notre société ; à cela nous avons répondu avec les moyens dont nous disposons : la grève, la mobilisation, les manifestations… N’en déplaise à certains, notre mouvement n’est pas mort, et malgré l’intense répression, nous comptons le poursuivre et le faire aboutir. Défendre des acquis et construire, en s’appuyant sur eux, une société plus égalitaire, solidaire et fraternelle est possible et c’est notre but.
Aujourd’hui, notre lutte est d’autant plus d’actualité que d’autres secteurs se retrouvent face à des attaques du même type.

Ce n’est plus un secret, l’université est en train de tomber entre les mains
(invisibles) du marché. La réforme se concentre sur deux points : la gouvernance de l’université et ses modes de financement.
Auparavant, la gestion de l’université se faisait de manière « collective » par le biais des différents conseils où siégeaient des représentants de toute la communauté universitaire (profs, personnels, étudiants, représentants de la région).
Aujourd’hui, nous glissons vers une gestion de type entrepreneuriale par un président aux pouvoirs renforcés. Leurs actions contre le mouvement en sont les premières illustrations : M.Chézaud, président de Stendhal, décide l’emploi des forces de l’ordre contre le mouvement étudiant, alors que son Conseil d’Administration se prononce clairement contre cette action.
Pouvons-nous faire confiance à un seul homme pour lui confier tous pouvoirs ? Le CA n’est pas la plus pure expression démocratique ; faudrait-il pour autant le court-circuiter et tomber dans une
gestion autoritaire ?

La réforme LRU introduit une nouvelle culture, celle de la rentabilité et du résultat chiffré. Elle nous engage sur le chemin de l’autonomie monétaire et financière : les universités devront dégager leurs propres ressources (gestion du patrimoine et spéculation immobilière, apport de capitaux privés, frais d’inscription optionnels-obligatoires…). Cette pseudo-indépendance met en péril cet espace d’enseignement, de recherche et de débat qui ne doit en aucun cas être subordonné aux intérêts capitalistes au détriment d’une recherche intellectuelle, fondamentale et ouverte.

Autonomie intellectuelle : toujours !
Autonomie financière et mercantile : jamais !

La déferlante néolibérale tente de détruire les solidarités existantes dans d’autres secteurs, celles-là même qui permettent à la société de subsister,
celles qui évitent que nos vies se changent en une gigantesque compétition. Depuis décembre, les allusions à des réformes graves pour nos vies se multiplient.
Le gouvernement prévoit de retirer une année d’étude dans l’enseignement professionnel et ainsi briser les ponts possibles entre CAP-BEP et le Bac-Pro. Le but actuel de l’Etat n’est plus de former des individus mais des techniciens serviles.
L’Etat et le Gouvernement s’acharnent tout particulièrement sur le droit du travail en le vidant de sa substance dans un silence consternant.
La méthode : le rendre inefficace en le rendant incompréhensible (multiplication du nombre d’articles, passage d’une catégorie à une autre,
passage du statut de loi au décret modifiable à tout moment par le Ministère sans passer par le Parlement). Ce code est issu des luttes successives des travailleurs pour se protéger des abus du patronat ; c’est lui qui reste au pouvoir aujourd’hui.

De la même manière, la durée légale du temps de travail en prend un coup : on pourrait penser qu’étant donné que la productivité augmente, le temps de travail nécessaire pour produire baisserait. Ce fut le cas lors des 30 Glorieuses et avant. Et aujourd’hui ? On constate le contraire.
La productivité continue d’augmenter alors que l’idéologie dominante nous pousse à travailler de plus en plus en maintenant un chômage de
masse. Cette idéologie fait peu de cas de l’état préoccupant de la Planète, et nous mystifie avec le « gagner plus » pour évacuer la question du
partage des richesses. La part de rémunération du capital ne cesse de grignoter celle du travail. Le travail représentait 70% dans le partage des richesses en 1975 et 55% aujourd’hui, alors que PIB, productivité et grosses fortunes ne cessent d’augmenter.

Finalement, et pour nous tromper du début à la fin et de haut en bas, le gouvernement prévoit de faire passer un ersatz du CPE en l’étendant à
tous : Contrat unique, CPE pour tous !
Que pouvons-nous faire ?

Actuellement, nous nous trouvons face à un vrai choix de société. Il nous incombe de refuser celui-ci car il se base sur un individualisme n’offrant qu’une liberté de façade. Nous pouvons défendre un autre choix par le biais de plusieurs valeurs essentielles.

La première est la Solidarité de tous, pour tous. Les victoires du Mouvement Social nous ont légué des structures de solidarité (mutualisme, couverture sociale, retraite, allocations…). Ces
structures anciennes ont servi la société, enrichi le corps social et nos vies. Elles sont à défendre tant que nous n’arriverons pas à les dépasser.
La solidarité s’exprime aussi par des pratiques concrètes. Exemple : lors d’une intervention des flics sur le campus afin de réprimer le mouvement
étudiant, le débrayage (quitter individuellement et collectivement les cours) est nécessaire pour montrer notre désaccord. Qu’importe notre
opinion politique, éthiquement, nous ne pouvons cautionner la violence policière comme seule réponse du gouvernement à la lutte sociale.

La seconde relève de notre responsabilité à tous, celle de prendre (enfin) en mains nos vies : ne pas agir, ne pas se positionner contre ce qui se passe, c’est l’accepter et en être complice. Si nous ne pouvons supporter la concurrence sauvage, l’exploitation, et le fait d’assurer notre bonheur occidental sur le dos de 80% de la population mondiale… alors il est temps de s’engager, de se mobiliser et de se battre pour ce en quoi nous croyons !
Il faut nous battre en étant conscients des implications de notre action. La Société, à tous les niveaux, nous encourage à suivre ceux qui se considèrent comme éclairés et qui prétendent défendre nos intérêts. Nous, collectivement, sommes les seules capables de les déterminer et
de les défendre. Cette décision collective passe par un investissement personnel et la prise de responsabilités, si minimes soient-elles ; c’est par ce biais qu’une lutte avance et s’enrichit. Notre liberté dépend de notre capacité à nous engager pour la défendre !

Alors, soyons partie intégrante des mouvements sociaux, décidons nous-mêmes de leurs orientations et refusons, à chaque instant, de
suivre aveuglément les meneurs quels qu’ils soient.
Nous t’invitons à rallier l’organisation de la lutte sur le campus en venant aux comités de mobilisation (lieux et dates disponibles sur http://grenoble.indymedia.org), à assister et à organiser l’université populaire.
Il restera toujours une place dans lemouvement : c’est la tienne, camarade !

Fichier pdf: Bonne année 2008

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