Déclaration unitaire de la coordination euro-maghrébine du 19 janvier 2008 à Madrid

Déclaration unitaire de la coordination euro-maghrébine du 19 janvier 2008 à Madrid

Les organisations et collectifs réunis à Madrid le 19 janvier 2008 décident de constituer une coordination euro-maghrébine du syndicalisme anticapitaliste, alternatif, indépendant, de lutte de classe et de base, afin de répondre ensemble activement aux agressions du capitalisme, combattre l’impunité et la corruption sous toutes ses formes, à partir d’une perspective mobilisatrice, bien différente de celles des structures syndicales intégrées (Confédération européenne des syndicats (CES) et Confédération syndicale internationale (CSI)).
Notre objectif fondamental consiste à concrétiser nos engagements de campagnes et d’actions communes ainsi que de consolider la confiance
construite tout au long de ces dernières années entre nous.

Car l’Europe du capital se renforce chaque jour qui passe. Elle ne cesse de réaffirmer ses principes néolibéraux, même après l’échec de la tentative de constitution européenne et, aujourd’hui encore, elle persiste avec la nouvelle initiative d’un mini traité qui contient les éléments les plus réactionnaires sur les plans économiques et politiques, au mépris de la souveraineté des peuples.
Globalement, la situation dans les pays du Maghreb est caractérisée par la répression des libertés individuelles et collectives, notamment syndicales et politiques, et la dégradation de la situation économique et sociale, causée notamment par l’adoption des plans d’ajustement structurels imposés par les institutions financières internationales, en particulier européennes.
Outre la restriction de la liberté de circulation des personnes, le pillage organisé des richesses des populations maghrébines par les multinationales s’effectue avec la complicité des régimes répressifs, cautionnés par l’UE et les États-Unis.
Le modèle de l’État providence du nord de la Méditerranée est en voie de disparition, dans tous les domaines : santé, emploi, éducation, prestations sociales, libertés, et ceci sans amélioration de la situation de ceux de la rive sud de la Méditerranée.
Les régressions sociales et la détérioration des conditions de vie sont des faits déjà acceptés par le syndicalisme institutionnel cogestionnaire qui soutient l’idée que le bénéfice patronal constitue la seule garantie de nos emplois, de notre santé, de nos logements et de nos droits sociaux.

La coordination se donne pour objectif de lutter pour la défense des libertés syndicales et des droits sociaux, contre le chômage, les licenciements, la précarité de l’emploi et la précarité sociale, pour la libre circulation des personnes et la redistribution équitable des richesses.

La coordination s’est engagée sur les actions suivantes :
1 – Soutien de la mobilisation contre le chômage et la précarité le 16 mai (date de l’assassinat du militant de l’ANDCM Mustafa El Hamzaoui).
2 – Campagne de soutien aux détenus du 1er mai au Maroc.
3 – Élaboration d’un bulletin trimestriel d’analyse accompagné d’articles.
4 – Organisation d’un contre-sommet, à Paris, les 5 et 6 juillet 2008 en réaction à la rencontre des chefs d’État de la zone Euro-Méditerranée instaurée par Sarkozy.
5 – Rédaction d’un manifeste commun pour le 8 mars, journée internationale de lutte des femmes (texte double), autour du slogan : « Non à l’exploitation des femmes au travail. »
6 – Tenue de rencontres de femmes syndicalistes durant l’été 2008 : au Maroc en juin-juillet, en France durant la troisième semaine d’août, ainsi qu’en Algérie.
7 – Appui à la campagne du 12 février pour la liberté syndicale en Algérie, en attendant que les camarades du SNAPAP fixent une date pour une présence commune lors d’une manifestation à Alger.
8 – Mise en place de rencontres syndicales de branches.
9 – Participation active au développement des sites et outils nécessaires dans les organisations qui n’en ont pas afin qu’elles puissent aussi mutualiser des informations.
10 – Campagne permanente contre la répression syndicale et participation à toutes les actions visant à défendre l’exercice des libertés et des droits syndicaux, comme celles organisées contre l’interdiction de la CNT-PTT.
11 – Campagne de solidarité pour les travailleurs de la mine Jbel Azam au Maroc.
12 – Organisation d’une journée de lutte commune contre la politique de l’UE et ses répercussions dans les pays du Sud à l’automne 2008.
13 – Participation aux marches européennes contre le chômage et la précarité, ainsi qu’au Forum anti-G8.
14 – Pour un espace méditerranéen où la diversité culturelle et linguistique, amazigh, entre autres, soit reconnue officiellement et respectée.

Signataires : Comité syndical de la Voie Démocratique-Maroc, Syndicat
national autonome des personnels de l’administration publique-Algérie,
CGT-E, CUB-Italie et USI-Italie.

En attente : CNT-F, Sud Éducation, Sud Étudiants, Sud Rail.

Voir:

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Berb%C3%A8res (”«Berbère » dérive du terme Ibères désignant les habitants de la péninsule ibérique par les Grecs…L’équivalant en berbère est désignant les populations de la Imazighen (Imaziγen), pluriel de amazigh, signifiant « homme libre ». Le terme amazigh/imazighen a été perdu chez certaines ethnies berbères (Kabyles et Mozabites) mais est resté présent chez des berbères du Maroc et chez les touareg. L’utilisation de ce terme a été ravivée à partir des années 1940 avec l’émergence du mouvement berbériste Kabyle. Ces termes, et leurs néologismes, se sont généralisés et ont été adoptés par les Berbères.”)

- http://www.cnt-f.org/ptt.paris/

- http://www.cnt-f.org/fedeptt/

Rappel du mandat de la CNT:

« La CNT travaille au niveau international avec :
- les autres structures ASSR (CGT, SAC, FAU, IWW, Solidaridad Obrera, etc.) ;
- les syndicats de lutte de classe se plaçant sur le terrain de l’anticapitalisme (Simeca en Argentine, Snapap en Algérie, Palestine, CGT-B au Burkina Faso, etc.) ;
- les structures (sections d’entreprises, unions locales, etc.) syndicales de lutte de classe faisant partie de confédérations « réformistes » (UMT Rabat au Maroc, syndicalistes colombiens, etc.) ;
- en cas d’absence de structures syndicales des trois types précédents pour des raisons de régime politique dictatoriaux, travail avec des organisations (hors partis politiques ou organisations à références religieuses) luttant pour des libertés fondamentales d’organisation, d’expression, etc. » (Motion du Congrès confédéral d’Agen, juin 2006).

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