Archive

Archive pour septembre 2010

[France, hold-up] Contre le hold-up sur les retraites le forum du site www.7septembre2010.fr est ouvert => http://7septembre2010.forumactif.net/

septembre 27, 2010 Laisser un commentaire

[equality trust] Why equality is better for every one / Pourquoi une société égalitaire est meilleure pour tout le monde

septembre 26, 2010 1 commentaire

Kate pickett and Richard Wilkinson



Source:

http://bouillaud.wordpress.com/2010/04/10/r-wilkinson-et-kate-pickett-the-spirit-level-why-equality-is-better-for-everyone/

Le livre de deux spécialistes d’épidémiologie, Richard Wilkinson et Kate Pickett, The Spirit Level. Why Equality is Better for Everyone (1ère édition 2009, 2ème édition, Penguin Books, Londres, 2010, que je (Bouillaud)  cite ici) .

L’ambition des auteurs dans la version originale est donc bien plus large que la seule santé publique au sens strict. Il s’agit de fournir des arguments rationnels à ceux qui sentent intuitivement que l’égalité sociale entre les individus s’avère une meilleure façon d’organiser une société humaine que les inégalités sociales, la compétition acharnée et la hiérarchie fondée sur l’argent, ceci si l’on a cœur de promouvoir le plus grand bonheur du plus grand nombre, si l’on veut sortir du paradoxe de sociétés matériellement plus riches que jamais mais guère plus heureuses pour autant par bien des aspects. Il s’agit profondément pour les auteurs de rouvrir l’avenir, de redonner sens à un progrès de l’Homme appuyé sur les acquis de la Science.  Autrement dit, il faut revenir au pacte « positiviste » d’antan entre la Science et la Société. Bien sûr, comme toute démonstration en sciences sociales, elle ne saurait convaincre qu’une partie du public : les auteurs ne s’attendent pas à ce que leurs propos emportent la conviction de ceux qui sont justement les gagnants de ce système inégalitaire et hiérarchique, ni non plus de ceux qui en sont les thuriféraires.

L’originalité de l’ouvrage est par ailleurs d’être résolument à mi-chemin entre la démonstration scientifique et l’essai politique. Dans la version originale, pleine d’allusions à des idiotismes américains ou britanniques, ils  mêlent habilement les deux sans cacher aucunement leurs objectifs liberals.  Un libertarien partisan d’Ann Ryan ou un simple néolibéral cherchera sans doute à brûler ce livre socialiste, collectiviste, communiste, unamerican, utopique, marxiste, etc. en place publique dès qu’il en aura parcouru les premières pages.  Les auteurs tiennent un discours dans un contexte anglo-saxon, où l’idée même d’égalité sociale est presque devenue obscène avec les années pour une grande partie des commentateurs, et où la suspicion est de plus absolue entre les différents camps  idéologiques en présence. Ainsi les deux auteurs vont travailler essentiellement sur des corrélations portant sur des données agrégées rendant compte de la situation dans une vingtaine de pays développés et dans les cinquante Etats des Etats-Unis d’Amérique, or il est frappant de les voir préciser à maintes reprises que les données sur lesquelles ils se fondent sont établies par des institutions nationales ou internationales reconnues, comme si une partie de leurs lecteurs allait de toute façon nier leurs sources tant ce qu’ils démontrent s’avère a priori inacceptable pour la droite anglo-saxonne.

En effet, leur démonstration revient à montrer que,  plus l’inégalité sociale dans un pays développé ou dans un État fédéré des Etats-Unis s’avère forte, plus toute une série de problèmes sociaux prennent de l’importance. Le lien entre PIB/habitant et problèmes sociaux constatés s’avère par contre inexistant dans cette partie des sociétés humaines qui ont dépassé le stade d’évolution économique et sociale, où l’augmentation de la richesse matérielle induit une augmentation de la satisfaction mesurée par les sondages d’opinion ou de l’espérance de vie mesurée par les statistiques de la mortalité (chapitre 1).

Ils étudient ainsi successivement :

- la sociabilité et la confiance  (chapitre 4),

- la santé mentale et l’usage des drogues (chapitre 5),

- la santé et l’espérance de vie  (chapitre 6),

- l’obésité  (chapitre 7),

- les performances scolaires (chapitre 8),

- les maternités précoces (chapitre 9),

- la violence physique (chapitre 10),

- la répression pénale et les taux d’emprisonnement (chapitre 11),

- la mobilité sociale intergénérationelle (chapitre 12).

Le parallélisme des différents classements est pour le moins  étonnant : la situation la plus typique voit les Etats-Unis, les pays de langue anglaise, et le Portugal  à une extrémité (celle du maximum du problème social étudié en corrélation avec une inégalité sociale maximum), et le Japon et les pays scandinaves à l’autre extrémité (celle du minimum du problème social étudié en corrélation avec le minimum d’inégalité sociale), les autres pays développés oscillant au centre du classement selon les cas.  Le plus souvent, les Etats-Unis sont seuls à une extrémité de la droite de régression où s’alignent les autres pays considérés, et de surcroît plus haut dans le problème que ne le suggérerait une simple logique d’ajustement linéaire du nuage de points. Pour le taux d’homicide par millions (p. 135), les Etats-Unis se situent ainsi à plus de 60, alors que le Portugal, le second plus mal placé, n’atteint que moins de 40, et que la plupart des pays développés se situent à un peu moins de 20. On observera d’ailleurs que la Finlande se trouve en situation d’outlier négatif (égalité sociale et beaucoup d’homicides) et Singapour d’outlier positif (inégalité sociale et peu d’homicides); bien que les auteurs n’insistent guère sur cet aspect, tout le signalant, cela montre sans doute que la situation américaine cumule deux effets distincts : celui lié à l’inégalité sociale et celui lié à la disposition facile ou non d’armes à feu.

Les auteurs proposent à chaque fois que c’est possible la même étude de corrélation entre un indicateur d’inégalité et les différents problèmes sociaux à l’échelle des Etats fédérés des Etats-Unis. Là encore, le résultat s’avère frappant : les Etats où le coefficient de Gini (qu’ils utilisent comme indicateur d’inégalité) montre une forte inégalité de la répartition des revenus entre individus sont statistiquement les mêmes où les problèmes sociaux se multiplient à l’envi, et inversement. De plus, comme par un terrible hasard, on retrouve presque toujours en plus mauvaise position, les anciens Etats de la Confédération (1860-1865), semblant bien là indiquer la rémanence de l’inégalité par excellence entre individus, l’esclavage. La Lousiane constitue ainsi un cas remarquable à presque tous points de vue. Les suites catastrophiques de l’Ouragan Katrina dans cette région des Etats-Unis peuvent être vus du coup, non comme une suite de malheureux coups du sort, mais comme une synthèse de la situation relative de  cet État du Deep South dans l’espace américain.

Comme chacun sait toutefois « corrélation n’est pas raison », et les auteurs n’ignorent pas cette considération banale en sciences sociales. L’originalité de l’ouvrage est de donner, si j’ose m’exprimer ainsi, une base « bio-sociologique » micro à ces phénomènes macro. Pour les auteurs, rendant compte à la fois des acquis de l’éthologie animale (sur les primates), de la psychologie,  de l’économie expérimentale, de la biologie, une situation de très forte inégalité matérielle dans une société donnée provoque des désordres à la fois psychologique et biologique chez presque tout le monde (d’où le titre en anglais qui insiste sur le fait que « l’égalité c’est mieux pour tout le monde » – à savoir : riches compris). Les personnes situées au plus bas de la hiérarchie « somatisent » leur situation, les personnes qui sont situées au dessus d’elles ne veulent pas être à leur place et font de même dans une moindre mesure, et même les personnes situés au plus haut craignent plus de perdre leur premier rang que dans une société plus égalitaire. Ainsi, pour les auteurs, l’obésité et son augmentation contemporaine dans les pays qui deviennent plus inégalitaires sur le plan des revenus ne sont pas liés à une diète particulière, mais  bien plutôt aux conséquences d’une adaptation biologique au stress d’origine sociale ressenti. A cette explication instantanée, ils ajoutent un effet à moyen terme des inégalités sociales :  les conditions de la toute petite enfance déterminent à travers le stress social des parents, de la mère en particulier,  les adaptations de l’enfant à ce stress via des mécanismes biologiques qui , en activant certaines potentialités génétiques, inscrivent à long terme dans le corps cette circonstance défavorable pourtant limitée dans le temps. Les auteurs retournent donc comme un gant l’approche « sociobiologique » qui fait des grandes lignes de la vie sociale  des humains une conséquence de  la génétique, en pensant pouvoir démontrer que la situation sociale relative, présente et passée, des individus – leur rang – détermine leur fonctionnement biologique et psychologique, et par là ce qu’on identifie ensuite comme problèmes sociaux. Une telle approche naturaliste, qui n’établit pas de barrière entre le « social », le « psychologique » et le « biologique », repose sur une conception de l’homme, comme dirait Aristote, comme Zoon politikon, avec une nuance de taille bien sûr, Darwin est passé par là : ces mécanismes d’adaptation biologique enclenchés par le statut social relatif seraient issus de notre évolution. L’homme est en effet ici défini (implicitement) comme un primate communautaire qui ne peut pas se passer pour son estime de soi du jugement d’autrui. (C’est Luc Ferry qui va être content, lui qui parcourt ces jours-ci les studios de radio et les plateaux de télévision en répétant que le problème de la violence à l’école est un problème d’estime de soi chez les jeunes… il se pourrait que la science lui donne raison.)

Pour les deux auteurs, l’inégalité des revenus importe parce que, dans les sociétés telles que nous les connaissons, c’est là le moyen essentiel, presque unique, de juger de la valeur de quelqu’un à première vue. On remarquera d’ailleurs que les autres valeurs reconnues à un individu (celles du sport, de la science ou de l’art par exemple) ont tendance à être ramenées à l’étalon commun de la richesse monétaire – ou à être dévalorisés par contrecoup comme valeurs si ce n’est pas le cas. Les auteurs se réfèrent souvent à Alexis de Tocqueville sur ce point, ils retrouvent aussi une idée d’un disciple de ce dernier au XXème siècle, Louis Dumont, qu’ils ne connaissent  pourtant visiblement pas : l’affirmation de l’égalité des conditions ne veut pas dire disparation de la hiérarchie entre groupes, mais naissance d’une concurrence pour le rang via le marché. Pour les auteurs, suivant ici la conception de la « consommation ostentatoire » de Thorstein Veblen, l’augmentation de la richesse monétaire de nos sociétés dans sa forme individualisée (c’est-à-dire par exemple être capable de construire des yachts, villas sur une île de Dubaï et autres hochets pour des milliardaires, mais plus d’aller au nom de l’Humanité sur la Lune ou Mars) ne nous sert plus collectivement à rien, sinon à re-créer en permanence de la différence, de l’ordre hiérarchique, de la distinction comme dirait Pierre Bourdieu dont les auteurs citent les travaux. Cette idée s’avère la même que celle mise en valeur par l’économiste britannique, Richard Layard : le désir de distinction, qui se traduit par la poursuite de biens matériels qui ne valent que relativement à ceux que les autres n’ont pas, conduit à une externalité négative pour la société. On sort complètement ici du paradigme néolibéral du trickle down economics, selon lequel les riches en s’enrichissant par leur activité débordante d’enthousiasme créatif motivé par la poursuite d’une Rolex ou autre colifichet, surtout si l’État ne les taxe pas beaucoup, finiraient par enrichir tout le monde en faisant dégouliner leurs richesses (par leurs dépenses par exemple) sur toute la société. Ici les riches qui montrent qu’ils s’enrichissent produisent surtout une forte dévaluation de tous les autres  individus qui se sentent ainsi déclassés et qui s’échinent  du coup à suivre le rythme imposé pour rester simplement au niveau de revenu minimal pour paraitre aux yeux d’autrui un citoyen respectable.

Cette vision globale des deux épidémiologistes tend aussi à remettre à leur place toutes les politiques sectorielles. En effet – et c’est plutôt rare dans les sciences sociales contemporaines – les deux auteurs assument une vision holiste du fonctionnement social. Par exemple, pour prendre un exemple d’actualité, si l’on veut vraiment combattre la violence scolaire pour autant qu’on prenne au sérieux ce concept, il ne sert pas à grand chose d’imiter les bonnes pratiques des pays où la violence scolaire s’avère faible (et il est certes encore pire d’imiter les mauvaises pratiques des pays où la violence scolaire est à son maximim comme on s’apprête à le faire un peu plus malgré les avis contraires des chercheurs  ….), il faut admettre que  ce sont les écarts excessifs de statut des parents, et par là des enfants, qui doivent être modifiés. Il ne faut pas agir comme des Finlandais, mais être aussi peu inégalitaires entre nous que des Finlandais… Bien sûr, comme cela apparait impossible car trop opposé à ce qu’est (malheureusement)  la société française, et surtout trop coûteux, on préfère discuter d’autres (fausses) solutions.


Ici le discours m’a paru particulièrement séduisant : les auteurs indiquent que leur idée d’un lien consubstantiel entre inégalités sociales et problèmes sociaux au niveau macrosociologique peut servir d’idée directrice à la gauche, qui trouverait ainsi une nouvelle motivation pour réduire drastiquement les inégalités de revenu. De manière fort subtile, les auteurs indiquent bien que cette égalisation des revenus peut venir aussi bien de résultats de marché égalitaires de ce point de vue (cas du Japon ou de certains Etats des Etats-Unis), que de politiques fiscales redistributives (cas des pays scandinaves ou de certains Etats des Etats-Unis). Il n’existe pas une seule voie vers l’égalité des revenus. De façon réaliste, les auteurs rappellent que les grands moments d’égalisation des revenus ont tenu dans l’histoire des deux derniers siècles à une gamme limitée d’évènements politiques : une tentative des conservateurs de faire contre-feux à une protestation sociale montante, une guerre à financer dans l’indispensable unité nationale, une prise du pouvoir par des forces progressistes suite à de violents conflits de classe. Bien qu’ils remarquent ces circonstances historiques, et suivent largement l’analyse de Paul Krugman dans l’Amérique que nous voulons sur ce point (1ère édition sous le titre The Conscience of a Liberal, 2007, Paris, Flammarion, 2009) qui retrace une telle évolution de nature politique des inégalités de revenu aux Etats-Unis sur les deux derniers siècles, les auteurs préconisent toutefois une montée en puissance de l’égalité des revenus sur le moyen terme à travers le renforcement d’un puissant secteur d’économie sociale comme on dirait en France. J. Damon n’a pas trouvé cela très convainquant; pour ma part, j’ai été frappé de voir que les auteurs en reviennent à un appel au « tiers secteur », à la « coopération » tel que l’économiste français Charles Gide le faisait déjà au début du XXème siècle. Le problème de ce dépassement ou contournement du capitalisme par le bas, à travers les pratiques économiques coopératives, me paraît être son instabilité intrinsèque dans des sociétés qui restent dominées par la poursuite du statut social par le moyen de l’argent. Il y aura toujours à terme un groupe de dirigeants qui chercheront à privatiser la coopérative à leur profit.

http://bouillaud.wordpress.com/2010/04/10/r-wilkinson-et-kate-pickett-the-spirit-level-why-equality-is-better-for-everyone/


Autres liens

[equality trust] “L’enjeu des retraites” par Bernard Friot : conserver le modèle par répartition pour une société égalitaire

septembre 26, 2010 Laisser un commentaire
Bernard Friot

Bernard Friot

L’Enjeu des retraites, 2010, éditions La dispute, coll. Travail et salariat, 175 p., 20 euros.

http://www.cnt-f.org/cnt31/spip.php?article924

Alors que le projet Sarkozy-Woerth sur les retraites vient d’être voté à l’assemblée nationale, plus que jamais nous devons aujourd’hui faire reculer le gouvernement sur cette nouvelle régression sociale.

Pourtant on entend constamment les médias, les politiques, y compris de « gauche », et même certains syndicalistes reprendre comme des évidences les arguments qui soutiennent la « nécessité » d’une « réforme » afin de « sauver les retraites ». Il y aurait un « choc démographique », il serait impossible d’augmenter les cotisations puisque le nombre d’actifs est moindre, il serait « juste » de calculer les retraites sur les annuités de cotisation, etc…

Comment aujourd’hui développer un mouvement fort sans être capable de proposer une alternative au système en vigueur, ni de contredire ce qui s’impose comme « évident » et ne l’est finalement pas… Bernard Friot répond dans son livre « L’enjeu des retraites » à ces questions et propose une autre manière de voir : et si le problème démographique était une illusion ? Et si les pensions de retraite n’étaient plus un revenu différé mais un salaire continué lié à la qualification ? Et si les retraités n’étaient plus des « inactifs », mais des personnes différemment actives, enfin libres de travailler comme elles le veulent à l’écart du marché du travail ? « L’enjeu des retraites » est donc évidemment de conserver le modèle par répartition, mais surtout d’aller plus loin : mettre en débat la question du salaire pour tous, de la qualification, repenser le rapport au travail que nous voulons promouvoir. Des questions basiques sans lesquelles on ne peut envisager une société égalitaire et juste.’)

http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article3528

Bernard Friot est économiste, sociologue et professeur émérite à l’Université Paris-Ouest Nanterre. Il est membre de l’Institut européen du salariat (IES), réseau de chercheurs travaillant sur le salaire comme outil d’émancipation. Après Puissances du salariat et Et la cotisation sociale créera l’emploi, il publie en mars 2010 L’Enjeu des retraites.

AL : Vous faites un premier chapitre sur l’historique des retraites, en revenant sur la façon dont les promoteurs de la réforme affirment défendre la répartition, tout en vidant le système de son sens.

Bernard Friot : Il faut en effet se garder d’une opposition à la réforme qui serait menée « en défense de la répartition » sans préciser laquelle ! Répartir, c’est une technique : on transforme immédiatement des contributions en prestations, sans passer par l’épargne. C’est une technique qui peut d’ailleurs être anticapitaliste, mais à deux conditions. La première est qu’on en tire les conséquences en matière de financement de l’investissement. S’il est possible de financer des engagements de pensions aussi massifs (13% du PIB) et d’aussi long terme (des dizaines d’années de nos vies entre le début de nos cotisations et la fin de nos pensions) sans accumulation financière, alors il est possible de financer l’investissement, à peine plus important (18% du PIB) et de moins long terme sans accumulation financière. De même que nous finançons les pensions par un partage immédiat de la valeur ajoutée (une faction de celle-ci, à hauteur de 25% du salaire brut, va à une cotisation sociale immédiatement transformée en pensions), de même nous pourrons financer l’investissement en affectant une part de la valeur ajoutée (à hauteur de 30 à 35% du salarie brut) à une cotisation économique qui ira à des caisses d’investissement qui financeront l’investissement sans accumulation privée et donc sans taux d’intérêt. Nous nous serons débarrassés des marchés financiers et des banquiers, dont la nocivité est maintenant largement perçue : si nous ne menons pas aujourd’hui la bataille des retraites sur ce thème, quand le ferons-nous ?

La seconde condition, pour que la répartition soit anticapitaliste, porte sur son contenu : que répartit-on ? Sont en conflit aujourd’hui le salaire et le revenu. Répartir du salaire, c’est financer des pensions qui sont la continuation du salaire ; répartir du revenu, c’est financer des pensions qui sont tirée d’un patrimoine constitué de la somme des cotisations passées du retraité. Le critère du salaire continué, c’est le taux de remplacement du denier salaire par la première pension. Le critère du revenu différé, c’est le taux de rendement des cotisations. Dans le premier cas, la pension est, comme tout salaire, la reconnaissance de la qualification actuelle du retraité. Dans le second cas, le retraité est un inactif qui récupère sa prévoyance passée. L’enjeu actuel des réformateurs est de passer du salaire continué, qui est la réalité de la plupart des systèmes de pensions en Europe, au revenu différé, qui caractérise les réformes italienne et suédoise des dernières années. On est toujours en répartition, mais elle a complètement changé de sens.

Vous insistez donc sur l’opposition entre salaire continué et revenu différé. En quoi la promotion du salaire continué représente-t-elle un moyen de contester des fondements essentiels du capitalisme, à savoir le marché du travail et la propriété lucrative ?

Bernard Friot : Le retraité qui continue à toucher son salaire (et la justice serait que tous les retraités touchent 100% de leur meilleur salaire) le touche de façon irrévocable : il est payé à la qualification à vie ! Enfin il peut travailler sans passer par le marché du travail. C’est ce que disent la forte minorité des retraités qui ont une pension proche de leur meilleur salaire, des capacités reconnues et un réseau de pairs actif : jamais ils n’ont autant travaillé, jamais ils n’ont été aussi heureux de travailler ! Ce bonheur au travail des retraités débarrassés de l’emploi, de l’employeur et de la dictature du temps de travail contraste avec le malheur au travail de ceux qui sont encore sous le joug de l’emploi et doit nous conduire à mener la bataille des retraites sur ce thème : ce qui est bon après 60 ans est bon aussi avant. Toutes les personnes doivent être titulaires d’une qualification et du salaire irréversible qui va avec, et ainsi faire entreprise sans passer par le marché du travail et son arbitraire dévastateur de tant de vies. Faire entreprise suppose bien sûr l’organisation de collectifs de travail avec toutes les contraintes que cela comporte, mais a tout à gagner à être le fait de personnes posées comme titulaires d’une capacité de créer des biens et services utiles et non pas niées comme productrices et réduites à l’état de forces de travail demandeuses d’emploi.

Quant à la propriété lucrative, celle qui permet de tirer un revenu d’un portefeuille financier, le salaire continué la conteste radicalement : le nombre de retraités étant heureusement croissant rapporté au nombre de ceux qui sont encore sous le joug de l’emploi, le financement de pensions qui continuent le salaire suppose une hausse croissante du taux de cotisation patronale et, le taux de remplacement étant maintenu élevé, la répartition suffit. Tandis que les réformateurs ont fait du gel (voire du recul avec les exonérations sur les bas salaires) du taux de cotisation au régime en répartition un dogme qui entraîne évidemment à terme un taux de remplacement de plus en plus faible et fait place nette pour les fonds de pensions et donc la relance de la propriété lucrative.

Concernant le problème démographique qui devrait nécessiter une « réforme », vous posez que ce constat est fallacieux, comment le dépasser ?

Bernard Friot : En posant les retraités pour ce qu’ils sont : des salariés payés à vie, en mesure de travailler débarrassés du marché du travail et enfin reconnus pour leur qualification. Et donc plus utiles dans la création de biens et services que des forces de travail soumises aux injonctions mortifères du capital : quel bien utile produisent des « actifs » comme on dit, puisqu’ils ont un emploi, qui enseignent les mathématiques financières, produisent des semences non reproductibles, font la communication de la SNCF contre les grévistes ? Les retraités déplacent dans un sens plus humain les produits du travail parce qu’ils sont libérés du capital. Plus il y aura de retraités payés à vie par du salaire continué, plus nous libèrerons la production. Il n’y a de « problème démographique » que pour les capitalistes, qui s’inquiètent de voir des forces de travail demandeuses d’emploi leur échapper. Pour les autres, il n’y a qu’un bonheur démographique : la longue vie avec une seconde carrière de retraité.

On nous parle très souvent de solidarité intergénérationnelle, qui serait mise à mal par le poids des retraites. Comment reliez-vous ce problème à la question plus générale du salaire ?

Bernard Friot : Ce sont les retraités qui produisent les biens et services correspondant à la valeur attribuée à leur travail à travers leur salaire continué : leur pension n’est pas prise sur la valeur attribuée au travail des actifs et en ce sens il n’y a aucune solidarité intergénérationnelle. L’impression contraire vient de ce que la monnaie n’est créée dans nos sociétés capitalistes que sur la base des anticipations par les banques du prix des marchandises, lorsqu’elles prêtent aux entreprises. De ce fait, tout le travail non marchand, lorsqu’il est reconnu par du salaire (celui des parents avec les allocations familiales, celui des hospitaliers avec la cotisation maladie, celui des retraités avec la cotisation retraite, celui des fonctionnaires avec l’impôt), est inclus dans le prix des marchandises. Nous confondons alors le flux de monnaie (la cotisation et l’impôt transitent des entreprises vers fonctionnaires et les retraités) avec le flux de valeur, alors que les pensions correspondent à la valeur attribuée au travail non marchand des retraités, tout comme les impôts correspondent à la valeur attribuée au travail non marchand des fonctionnaires. Là encore, le spectacle scandaleux de la création monétaire inouïe pour sauver les banquiers et les actionnaires doit nous faire mener la bataille des retraites sur la nécessité d’une nouvelle création monétaire libérée de la marchandise et fondée sur l’attribution à chacun d’une qualification.

Sur la supposée inactivité des retraité-e-s, peut-on se contenter d’une vision selon laquelle seul le travail subordonné au capital serait producteur de richesses ? Qu’en est-il alors du travail des fonctionnaires, dont le traitement est payé par l’impôt ? Et des jeunes ?

Bernard Friot : Vous avez raison d’insister sur la nécessité de mettre notre représentation du travail en phase avec la réalité. Le travail dans l’emploi, c’est-à-dire le travail soumis au capital, est source de plus en plus de souffrance et de productions nuisibles. La réflexion est d’ailleurs courante chez les salariés soumis au joug de l’emploi : « ce que je fais, ça n’est plus du travail ». Et chez les rejetés de l’emploi par les fermetures et les délocalisations, on entend la réflexion : « nous sommes interdits de travail ». L’emploi n’est plus la matrice possible et désirable du travail. C’est la qualification personnelle qui est à l’ordre du jour pour fonder le travail : la qualification personnelle des fonctionnaires (payés pour leur grade et non pas pour leur poste), celle des retraités, celle qu’il s’agit d’attribuer non seulement aux étudiants (dont le travail est évidemment plus utile que celui d’un « actif » spécialiste de l’évasion fiscale) mais à toute personne de 18 ans à sa mort. La question à poser à l’occasion de la bataille des retraites est la suivante : travailler, est-ce avoir un emploi au service d’actionnaires ou est-ce avoir un salaire irréversible permettant la mise en œuvre d’une qualification personnelle ?

Propos recueillis par Violaine et Franz B. (AL 93)

Voir aussi:

Equality

Pour un débat public et collectif sur les enjeux de la réforme sur les retraites (23 septembre 2010)

septembre 19, 2010 Laisser un commentaire

Source: un texte d’un luxembourgiste de Paris transmis par un camarade de la CNT Isère.

La réforme des retraites lancée par le gouvernement est injuste, les arguments utilisés pour la défendre sont mensongers, et donc les gens qui manifestent contre ce recul de leurs conditions de vie ont raison de le faire. Nous pensons que ce mouvement est important, que c’est l’occasion de trouver ensemble des formes de mobilisation et d’action efficaces pour faire battre en retraite le gouvernement, et peut-être d’aller plus loin.

Quel que soit le résultat de cette lutte, il nous semble important d’insister sur le fait que tous ceux qui veulent participer au mouvement doivent pouvoir le faire de façon concrète : manifester lorsque les organisations syndicales et politiques en place le décident, ce n’est pas suffisant. La mobilisation sociale, c’est lorsque tous ceux qui sont concernés par un problème se réunissent dans leurs entreprises, dans leurs quartiers, ou dans leurs organisations. Avez-vous été invité à une réunion avant les manifestations du 7 septembre ? Cette manifestation a eu lieu sans assemblées générales préalables, uniquement parce que les organisations syndicales l’ont décidé, en fonction de ce qu’elles appellent, comme les journalistes, la « grogne sociale ». Il n’y a pas eu de débats à la base, d’échanges sur la réforme du gouvernement, et sur les différentes contre-propositions. Il y en a eu encore moins au lendemain des manifestions massives du 7 septembre : au contraire, les organisations syndicales se sont réunies à huis-clos pour décider d’appeler à des manifestations le 23 septembre, c’est à dire après la date prévue pour le vote de la réforme. Au lendemain d’une mobilisation massive dans tout l’hexagone, elles ont refusé de proposer au mouvement d’aller plus loin dans l’opposition au gouvernement. Elles ont appelé à des « actions » pour le 15, jour du vote, mais qui a vraiment entendu parler d’une « action » dans son entreprise ou son quartier, ou même au niveau national ?

Nous pensons que cette situation n’est pas le fruit du hasard ou de la désorganisation involontaire du mouvement. Nous pensons que les organisations syndicales existantes, et surtout celles qui sont massives, ont leurs propres intérêts, qui ne sont pas forcément ceux des travailleurs, des précaires, des jeunes qui se sont mobilisés le 7 septembre. Et nous pensons également qu’elles n’ont pas intérêt à pousser ceux qu’elles mobilisent à se réunir pour discuter de la réforme des retraites, de leurs propositions, et de celles des forces politiques qui disent vouloir « porter la parole des travailleurs à l’Assemblée nationale ». Si elles l’avaient fait, on aurait alors pu débattre autour du fait que le Parti socialiste, s’il affirme vouloir maintenir l’âge légal de la retraite à 60 ans, accepte dans le même temps l’allongement progressif de la durée de cotisation, laquelle passera de 40,5 ans à 41 en 2012, puis à 41,5 en 2020 (Libération du 15 septembre, page 15).

Nous sommes sûrs que la majorité de ceux qui se sont mobilisés le 7 septembre ne sont pas du tout d’accord avec ces propositions. En défilant ce jour-là bras-dessus-bras-dessous devant le PS rassemblé au Cirque d’hiver, les dirigeants des organisations syndicales n’ont absolument pas pointé le fait que ces propositions reviennent à dire qu’il sera de plus en plus dur d’avoir une retraite décente à 60 ans, et tout particulièrement pour ceux qui ont une carrière à trous : les femmes et les précaires. Et pour cause : la CFDT est plus ou moins sur les mêmes positions car ses dirigeants sont membres du PS ou liés à ce parti, et l’unité de façade est plus importante pour tous les dirigeants syndicaux que la clarté de la discussion collective.

Derrière le « Tous ensemble » de rigueur se cachent des contradictions massives que l’absence de débat rend invisibles. Le Parti socialiste veut revenir au pouvoir et cherche à la fois à capter encore une fois le « vote populaire » en disant qu’il rétablira la retraite à 60 ans, et annonce déjà les trahisons qui rassurent les patrons par l’acceptation de l’allongement de la durée de cotisation.

Nous pensons que la confusion entretenue par les directions syndicales, leur refus du débat public et collectif sur les enjeux de la réforme, ainsi que sur les moyens et l’agenda de la lutte contre le gouvernement, entravent le mouvement.

Quel que soit la situation à l’issue des manifestations du 23 septembre, nous pensons qu’il faut, partout, dans chaque entreprise, chaque établissement, chaque quartier, militer activement pour que soient convoquées des assemblées générales, et que celles-ci s’emparent du débat : Quelles revendications sur les retraites? Et quels moyens pour contrer la réforme du gouvernement?

Nous pensons que l’auto-organisation à la base est la véritable forme de la mobilisation sociale. L’action politique — car il s’agit bien de cela, la réforme concerne tout le monde, pas seulement telle entreprise ou telle catégorie de travailleurs — est forcément démocratique. Et la démocratie, ce n’est pas une marche encadrée de République à Nation sans débats ni actions.


Pour la CNT aussi, la perspective est de transformer des journées sans lendemain en grève générale reconductible à partir du 23 septembre

septembre 19, 2010 Laisser un commentaire

Source: http://www.7septembre2010.fr/post/2010/09/18/Pour-la-CNT-aussi%2C-c-est-la-gr%C3%A8ve-g%C3%A9n%C3%A9rale%2C-maintenant!

Voici la position nationale que la CNT fera entendre dans les cortèges du 23 septembre.

Ni négociable, ni amendable, retrait du projet de contre-réforme des retraites !

Communiqué de presse confédéral du 10 septembre 2010

Nous étions près de 3 millions, en France, à manifester le mardi 7 septembre 2010, contre le hold-up programmé du pouvoir sur les caisses de retraite. De plus en plus nombreux à affirmer que l’argument démographique avancé par le gouvernement pour nous faire travailler plus longtemps est une vaste escroquerie !

Il s’agit simplement pour la classe possédante, sous prétexte de «sauver le système par répartition », d’augmenter ses profits et de continuer à éliminer toutes formes de solidarité entre travailleurs.

Le financement des caisses d’assurance retraite, maladie ou chômage n’est pas un problème ! Les richesses existent, et le seul vrai problème c’est leur répartition et leur concentration par une petite minorité de privilégiés décorés par leurs amis ministres.

Continuons à nous mobiliser à la base, dans l’unité, face à un patronat de combat pour qui la « crise » est un bon prétexte pour récupérer ce que des années de luttes sociales ont permis de lui arracher.

Deux « journées d’actions » et de grèves ont d’ores et déjà été prévues dans la continuité du 7 septembre : les 15 et le 23 septembre 2010. Si la CNT n’était pas tenue à l’écart de l’intersyndicale qui a proposé ces deux dates, nous aurions vraisemblablement proposé d’agir directement dans la dynamique et le rapport de force instaurés le 7 septembre. Mais, la réalité est autre. Malgré son insatisfaction, la CNT appelle à poursuivre la lutte et à participer aux différentes dates annoncées, en ayant en perspective de transformer des journées sans lendemain en grève générale reconductible.

- La CNT invite les travailleurs à se saisir de la journée du 15 septembre, jour du vote par les députés du projet de loi, pour rejoindre les initiatives en préparation au niveau local et en définir les modes d’action.

- La CNT appelle à se rejoindre massivement à la nouvelle journée de grève et de manifestation du 23 septembre appelée par l’intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CGC-FSU-Unsa ainsi que FO et Solidaires, mais également à en préparer dès aujourd’hui la reconduction dans l’unité syndicale à la base, seule condition nécessaire à une victoire des salariés.

- La CNT appelle tous les travailleurs à discuter en assemblée générale des échéances futures.

- La CNT soutiendra toutes les initiatives de reconduction de la grève.

Ne restons pas isolés et divisés. Regroupons-nous et organisons-nous pour arriver à une grève générale illimitée, seule capable de stopper le rouleau compresseur capitaliste et d’amorcer un futur débarrassé de la précarité, de l’exploitation et des inégalités.

Nous ne lâcherons rien !
C’est au patronat de payer, pas aux salariés !

Le 23 septembre 2010 : pour une grève générale jusqu’au retrait de la réforme Sarkozy/Woerth/Fillon

septembre 19, 2010 Laisser un commentaire

Source: http://www.7septembre2010.fr/

Grève générale jusqu'au retrait de la réforme Sarkozy/Woerth/Fillon

Source: http://www.7septembre2010.fr/post/2010/09/19/23-septembre%3A-rappel-des-textes-sur-le-droite-de-gr%C3%A8ve

Le principe du droit de grève

Le droit de grève est un droit reconnu et garanti par le préambule de la Constitution à tous les salariés.

La grève est une cessation totale du travail des grévistes.  Elle peut être de courte durée (1h par exemple). Elle doit avoir pour objectif la satisfaction de revendications d’ordre professionnel (amélioration des conditions de travail, du salaire, …) ou moral (cessation des pratiques de harcèlement, respect de la non discrimination, …).

La grève doit être collective, mais même dans une entreprise où il n’y a qu’un seul salarié, celui-ci peut faire grève s’il s’associe à une grève nationale (cas du 23 septembre)

Les conséquences de la grève

La grève suspend le contrat de travail mais ne le rompt pas, sauf en cas de faute lourde.

L’employeur peut retenir sur votre paye la part du salaire correspondant à la durée de la grève mais il lui est interdit, à la suite d’une grève, d’opérer des discriminations en matière de rémunération ou d’avantages sociaux entre grévistes et non-grévistes.

En pratique, donc le 23 septembre :
o Quel que soit votre secteur d’activité (commerce, aide à domicile, transports, industrie, agriculture, monde associatif, services publics, …)
o Quel que soit votre statut (embauche sous CDI, CDD, contrat d’apprentissage, intérim, stagiaire, contrat aidé, …)
o Quels que soient votre sexe et votre nationalité (française, ressortissant ou non d’un pays de l’Union Européenne, travailleur sans papiers, …)
o Quelle que soit la taille de votre entreprise (un salarié, 8, 25, 50, 300, …)
o Quel que soit votre emploi (ouvrier, technicien, employé, cadre, commercial, …)
o Que vous soyez syndiqué ou non,

Vous avez le droit de faire grève!

La confédération CGT a déposé pour la journée du jeudi 23 septembre (de 0h à minuit) un préavis de grève qui couvre TOUS les salariés.

Vous pouvez faire grève pendant toute la durée de votre journée de travail (que vous soyez à temps plein ou à temps partiel) ou seulement pour participer à la manifestation départementale à Auxerre ; dans ce cas, informez votre supérieur hiérarchique lorsque vous quittez votre poste (par exemple, lorsque vous partez du bureau à midi, prévenez-le que vous serez en grève de 14 à 17h, ce qui vous permettra de participer à la manifestation départementale).

Aucune règle n’impose de prévenir l’employeur qu’on fera grève mais il peut être « utile » de l’en informer la veille pour qu’éventuellement il ferme l’entreprise ou prenne les dispositions qui s’imposent (annulation de RDV par exemple).

En tout état de cause : déclarez-vous gréviste le 23 septembre pour ne pas être considéré comme ayant « abandonné votre poste ».

Et bien sûr, consultez régulièrement le site (http://www.7septembre2010.fr/ pour connaître les préavis RECONDUCTIBLES :)

8 septembre 2010 : communiqué de la CNT38 concernant le DEUXIEME report de notre camarade !

septembre 8, 2010 Laisser un commentaire

Sources

- http://grenoble.indymedia.org/2010-09-08-Videosurveillance-le-proces-la
- http://www.cnt-f.org/ul38/spip.php?article52

Police partout, justice nulle part !

8 septembre 2010, 14h, une soixantaine de personnes sont réunies devant le tribunal de Grenoble dans l’attente de la relaxe de notre camarade. Une 1/2 heure plus tard, on apprend que la commission rogatoire demandée en juin n’est pas rentrée ce qui signifie, qu’en plus de 2 mois la police n’a pas réussi à fournir les pièces demandées par la justice !

Le dossier d’accusation est vide mais notre camarade reste sous la pression judiciaire.

Nous rappelons que nous nous opposons à toute mesure qui vise à imposer un climat de peur et à contrôler la population pour mieux étouffer ses revendications.

Nous ne lâcherons rien !

Pour rappel, lors de la manifestation du 1er mai 2010, une adhérente de la CNT a été interpellée et accusée d’avoir commis des dégradations sur une caméra de vidéo-surveillance. Cette accusation est sans fondements. Depuis lors, la police court après des preuves.

Autres liens

- http://www.cnt-f.org/ul38/spip.php?rubrique13

- http://grenoble.indymedia.org/2010-06-30-Nous-demandons-de-nouveau-justice

- http://grenoble.indymedia.org/2010-06-28-Communique-du-lundi-21-juin-de-la

- http://grenoble.indymedia.org/2010-06-19-Suite-du-proces-post-repression

- http://grenoble.indymedia.org/2010-05-17-Communique-no2-de-la-CNT-38-suite

- http://grenoble.indymedia.org/2010-05-09-CNT38-appel-a-soutien-le-19-mai

- http://grenoble.indymedia.org/2010-05-06-communique-suite-au-1-mai-2010

- http://grenoble.indymedia.org/2010-05-03-appel-a-temoignage-suite-au

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.