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Archive pour octobre 2010

[retraites, les 336, 27 octobre 2010] Responsables et coupables, les 336 députés qui ont voté pour une loi qui va aggraver considérablement les inégalités économiques en France

octobre 31, 2010 Laisser un commentaire
Ils en veulent toujours plus !

Ils en veulent toujours plus !

Ces 336 députés (responsables et donc coupables)  ci-dessous ont voté pour:

  • une société injuste
  • aggraver les inégalités sociales
  • aggraver la précarité
  • provoquer davantage de suicides
  • augmenter les profits des assurances complémentaires
  • provoquer une misère et une barbarie sans nom
  • ..

Une société inégalitaire est une société atteinte d’un cancer.voir http://www.equalitytrust.org.uk/why

Sources:

- http://donjipez.wordpress.com/2010/10/27/retraites-cest-sarkozy-quil-faut-virer/

- http://bibifa.wordpress.com/2010/10/27/rforme-des-retraites-vote-dtaill-de-lassemble-nationale/

Réforme des retraites: vote détaillé de l’Assemblée Nationale

Scrutin N°: 646
Séance du : 27/10/2010

Scrutin public sur l’ensemble du projet de loi portant réforme des retraites (texte de la CMP).

Examen en 2° lecture

Nombre de votants : 574
Nombre de suffrages exprimés : 569
Majorité absolue : 285
Pour l’adoption : 336
Contre : 233

Contacter votre député:  http://www.assemblee-nationale.fr/qui/xml/departements.asp?legislature=13

Ont voté pour:

Groupe UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE (314) :
Pour: 309
MM. Élie Aboud, Manuel Aeschlimann, Yves Albarello, Alfred Almont, Mme Nicole Ameline, M. Jean-Paul Anciaux, Mme Edwige Antier, M. Jean Auclair, Mme Martine Aurillac, MM. Pierre-Christophe Baguet, Patrick Balkany, Jean Bardet, Mmes Brigitte Barèges, Sylvia Bassot, MM. Patrick Beaudouin, Jean-Claude Beaulieu, Jacques Alain Bénisti, Jean-Louis Bernard, Xavier Bertrand, Jean-Yves Besselat, Gabriel Biancheri, Jérôme Bignon, Jean-Marie Binetruy, Claude Birraux, Etienne Blanc, Emile Blessig, Roland Blum, Claude Bodin, Philippe Boennec, Marcel Bonnot, Jean-Yves Bony, Jean-Claude Bouchet, Gilles Bourdouleix, Bruno Bourg-Broc, Mme Chantal Bourragué, MM. Loïc Bouvard, Michel Bouvard, Mmes Valérie Boyer, Françoise Branget, M. Xavier Breton, Mme Françoise Briand, MM. Philippe Briand, Bernard Brochand, Mme Chantal Brunel, MM. Michel Buillard, Yves Bur, Dominique Caillaud, Patrice Calméjane, François Calvet, Bernard Carayon, Olivier Carré, Gilles Carrez, Mme Joëlle Ceccaldi-Raynaud, MM. Yves Censi, Jérôme Chartier, Gérard Cherpion, Jean-François Chossy, Jean-Louis Christ, Dino Cinieri, Eric Ciotti, Pascal Clément, Philippe Cochet, Georges Colombier, Mme Geneviève Colot, MM. Jean-François Copé, François Cornut-Gentille, Louis Cosyns, René Couanau, Edouard Courtial, Alain Cousin, Jean-Yves Cousin, Jean-Michel Couve, Mme Marie-Christine Dalloz, MM. Olivier Dassault, Bernard Debré, Jean-Pierre Decool, Bernard Deflesselles, Lucien Degauchy, Rémi Delatte, Richard Dell’Agnola, Mme Sophie Delong, MM. Yves Deniaud, Bernard Depierre, Vincent Descoeur, Nicolas Dhuicq, Eric Diard, Michel Diefenbacher, Jacques Domergue, Jean-Pierre Door, Dominique Dord, David Douillet, Mmes Marianne Dubois, Cécile Dumoulin, MM. Jean-Pierre Dupont, Gilles d’ Ettore, Daniel Fasquelle, Yannick Favennec, Jean-Michel Ferrand, Alain Ferry, Daniel Fidelin, André Flajolet, Jean-Claude Flory, Nicolas Forissier, Mme Marie-Louise Fort, MM. Jean-Michel Fourgous, Marc Francina, Pierre Frogier, Yves Fromion, Mme Cécile Gallez, MM. Sauveur Gandolfi-Scheit, Jean-Paul Garraud, Claude Gatignol, Gérard Gaudron, Jean-Jacques Gaultier, Hervé Gaymard, Guy Geoffroy, Bernard Gérard, Alain Gest, Franck Gilard, Georges Ginesta, Charles-Ange Ginesy, Jean-Pierre Giran, Louis Giscard d’Estaing, Claude Goasguen, François-Michel Gonnot, Didier Gonzales, Jean-Pierre Gorges, Philippe Gosselin, Philippe Goujon, François Goulard, Michel Grall, Mme Claude Greff, M. Jean Grenet, Mme Anne Grommerch, MM. François Grosdidier, Jacques Grosperrin, Mme Arlette Grosskost, MM. Serge Grouard, Louis Guédon, Mme Françoise Guégot, MM. Jean-Claude Guibal, Jean-Jacques Guillet, Christophe Guilloteau, Gérard Hamel, Michel Havard, Michel Heinrich, Laurent Hénart, Michel Herbillon, Antoine Herth, Mme Françoise Hostalier, MM. Philippe Houillon, Jacques Houssin, Guénhaël Huet, Sébastien Huyghe, Mme Jacqueline Irles, MM. Christian Jacob, Denis Jacquat, Paul Jeanneteau, Yves Jego, Mme Maryse Joissains-Masini, MM. Marc Joulaud, Alain Joyandet, Didier Julia, Christian Kert, Jacques Kossowski, Patrick Labaune, Mme Fabienne Labrette-Ménager, MM. Marc Laffineur, Jacques Lamblin, Mme Marguerite Lamour, MM. Jean-François Lamour, Pierre Lang, Mme Laure de La Raudière, MM. Pierre Lasbordes, Charles de La Verpillière, Thierry Lazaro, Robert Lecou, Jean-Marc Lefranc, Guy Lefrand, Marc Le Fur, Jacques Le Guen, Michel Lejeune, Dominique Le Mèner, Jacques Le Nay, Jean-Claude Lenoir, Jean-Louis Léonard, Jean Leonetti, Pierre Lequiller, Céleste Lett, Mme Geneviève Levy, MM. François Loos, Gérard Lorgeoux, Mme Gabrielle Louis-Carabin, MM. Lionnel Luca, Daniel Mach, Guy Malherbe, Richard Mallié, Jean-François Mancel, Alain Marc, Jean-Pierre Marcon, Thierry Mariani, Mme Christine Marin, M. Hervé Mariton, Mme Muriel Marland-Militello, MM. Franck Marlin, Philippe-Armand Martin, Mme Henriette Martinez, MM. Patrice Martin-Lalande, Alain Marty, Jean-Claude Mathis, Jean-Philippe Maurer, Pierre Méhaignerie, Christian Ménard, Gérard Menuel, Damien Meslot, Philippe Meunier, Jean-Claude Mignon, Mme Marie-Anne Montchamp, MM. Pierre Morange, Pierre Morel-A-L’Huissier, Philippe Morenvillier, Jean-Marie Morisset, Georges Mothron, Etienne Mourrut, Alain Moyne-Bressand, Renaud Muselier, Jacques Myard, Jean-Marc Nesme, Jean-Pierre Nicolas, Yves Nicolin, Patrick Ollier, Mme Françoise de Panafieu, MM. Bertrand Pancher, Yanick Paternotte, Christian Patria, Mme Béatrice Pavy, MM. Jacques Pélissard, Dominique Perben, Bernard Perrut, Etienne Pinte, Michel Piron, Henri Plagnol, Serge Poignant, Mme Bérengère Poletti, M. Axel Poniatowski, Mme Josette Pons, M. Daniel Poulou, Mme Sophie Primas, MM. Christophe Priou, Jean Proriol, Didier Quentin, Michel Raison, Eric Raoult, Frédéric Reiss, Jean-Luc Reitzer, Jacques Remiller, Bernard Reynès, Franck Reynier, Arnaud Richard, Franck Riester, Jean Roatta, Didier Robert, Arnaud Robinet, Camille de Rocca Serra, Mme Marie-Josée Roig, M. Jean-Marie Rolland, Mme Valérie Rosso-Debord, MM. Jean-Marc Roubaud, Max Roustan, Martial Saddier, Francis Saint-Léger, Mme Françoise de Salvador, MM. Bruno Sandras, François Scellier, André Schneider, Jean-Pierre Schosteck, Jean-Marie Sermier, Georges Siffredi, Fernand Siré, Jean-Pierre Soisson, Michel Sordi, Daniel Spagnou, Eric Straumann, Alain Suguenot, Mme Michèle Tabarot, MM. Lionel Tardy, Jean-Charles Taugourdeau, Guy Teissier, Michel Terrot, Jean-Claude Thomas, Dominique Tian, Jean Tiberi, Alfred Trassy-Paillogues, Yves Vandewalle, Christian Vanneste, François Vannson, Mmes Isabelle Vasseur, Catherine Vautrin, MM. Patrice Verchère, Jean-Sébastien Vialatte, René-Paul Victoria, Philippe Vitel, Gérard Voisin, Michel Voisin, Jean-Luc Warsmann, André Wojciechowski, Gaël Yanno, Mme Marie-Jo Zimmermann et M. Michel Zumkeller.

Groupe NOUVEAU CENTRE (25) :
Pour: 25
MM. Jean-Pierre Abelin, Thierry Benoit, Christian Blanc, Hervé de Charette, Charles de Courson, Stéphane Demilly, Jean Dionis du Séjour, Raymond Durand, Philippe Folliot, Francis Hillmeyer, Michel Hunault, Olivier Jardé, Yvan Lachaud, Jean-Christophe Lagarde, Maurice Leroy, Claude Leteurtre, Nicolas Perruchot, Jean-Luc Préel, François Rochebloine, Rudy Salles, André Santini, François Sauvadet, Marc Vampa, Francis Vercamer et Philippe Vigier.

Députés NON INSCRITS (8) :
Pour: 2
Mme Véronique Besse et M. Dominique Souchet.

Catégories:2010, capitalisme, choix de société, délinquance patronale, dictature, Entreprises voyous, France, grenoble, guerre des classes, guerre sociale, international, justice de classe, Luttes, précarité, privatiser les profits, profit financier, régression sociale, retraites, salariat-esclavage, sécurité sociale, société égalitaire, souffrance au travail, suicide, Un autre futur Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

[retraites,sarkozy] Les médecins généralistes appellent à une forte mobilisation le 6 novembre 2010

octobre 31, 2010 Laisser un commentaire

Source: http://www.7septembre2010.fr/post/2010/10/28/Les-m%C3%A9decins-g%C3%A9n%C3%A9ralistes-appellent-%C3%A0-une-forte-mobilisation%2C-le-28-et-le-6-et-au-retrait-du-projet

Syndicat de la médecine générale

Syndicat de la médecine générale

Le projet de réforme des retraites porte en lui « une aggravation de la violence sociale et économique contre l’individu, une barbarie quotidienne qui ne dit pas son nom : celle de l’aliénation de l’individu au travail par l’usure prématurée de son corps et de son psychisme se manifestant entre autres par les maladies dites « professionnelles » et les accidents de travail, dont le nombre explose depuis 20 ans. » Ce n’est pas la CGT qui pousse ce coup de gueule mais le Syndicat de la médecine générale dans un communiqué publié le 25 octobre.

Le communiqué rappelle les raisons de l’opposition du syndicat à la réforme programmée par le gouvernement.

Ce projet est « une régression sociale, dit le SMG, car il reporte les âges légaux de départ à la retraite et de retraite à taux plein, renvoie les individus à une autonomie illusoire, à leur propre culpabilité vis-à-vis de leur santé.

Ce projet nie les déterminants collectifs de santé et, notamment, l’organisation du travail aujourd’hui en France comme cause de nombreuses atteintes à la santé : suicides, dépressions, cancers, troubles musculo-squelettiques, maladies cardio-vasculaires. »

En plus du « retrait pur et simple » du projet de loi, le SMG appelle à une mobilisation forte pour le  6 novembre 2010.

Voir aussi:

- http://donjipez.wordpress.com/2010/10/31/une-medecin-de-campagne-envoie-une-lettre-et-un-croc-de-boucher-a-sarkozy/

- http://louisgrenier.posterous.com/lettre-ouverte-dun-medecin-a-sarkozy

 

[retraites,sécurité sociale] il FAUT continuer la lutte contre la réforme des retraites et contre la casse de la sécurité sociale

octobre 31, 2010 Laisser un commentaire

Source:

- http://slovar.blogspot.com/2010/10/financement-de-la-securite-sociale-les.html

 

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Après avoir expédié la “réforme” des retraites, le gouvernement et sa majorité vont s’occuper de la Sécu.
Au programme : Economies sur le dos des assurés et de plus en plus de transferts vers les assureurs qui voient d’un bon oeil cette nouvelle rente !

 

” Quand on a un marteau en tête, on voit tous les problèmes sous forme de clous ” dit un proverbe, qui illustre, à merveille la façon dont le gouvernement et sa majorité sont en train de façonner la vie des français pour les années à venir.

Même si le dossier des retraites n’est pas, à notre sens clos, au gouvernement et à l’UMP, on est déja “passé à autre chose”. Et cet autre chose, c’est, comme l’appelle, Christian Saout : ” … / … Le détricotage du filet de sécurité que constitue l’assurance maladie … / .. “ En effet : ” Les députés ont commencé mardi soir l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2011 … / … présenté par François Baroin, ministre du Budget, et Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, qui proposent 4,5 milliards d’euros de recettes nouvelles et un plan d’économies de 2,4 milliards d’euros … / … “ Et là encore, le gouvernement fait preuve de sa “volonté de concertation” puisque : ” L’examen de ce projet de loi … / … devrait s’achever vendredi soir ou samedi, l’Assemblée devant se prononcer le 2 novembre par un vote solennel sur l’ensemble du texte “Le Point

Alors, tous aux abris ?  Si du côté de l’UMP on essaye de mettre en valeur les quelques nouvelles taxes qui pourraient contribuer à la baisse du déficit, comme nous l’expliquent Les Echos

- La hausse du forfait social sur la participation et l’intéressement de 4 % à 6 %
- L’augmentation des cotisations des employeurs au titre des accidents du travail.
- Assujettisement aux cotisations sociales les indemnités de licenciement supérieures à trois fois le plafond de la Sécurité sociale, soit 103.860 euros
- Soumission des actions gratuites au même régime que les stockoptions (le gouvernement y est hostile)
- Taxation des retraites chapeaux (seuil pas encore défini)

La réalité est beaucoup plus prosaïque, puisque ce sont les assurés qui vont payer au prix fort la majeure partie de ces économies !

C’est ce que nous explique la Mutualité Française : ” Plusieurs … / … dispositions vont pénaliser les ménages et leurs complémentaires, à travers des transferts de charge directs pour un montant de 340 millions d’euros … / … les dispositifs médicaux, comme les attelles ou les pansements, seront remboursés à 60% au lieu de 65% … /… relèvement du seuil à partir duquel la contribution du malade est plafonnée à 18 euros pour les actes coûteux, réalisés en ville ou à l’hôpital. Ce seuil passera de 91 à 120 euros. Les dépenses de transport ne seront plus systématiquement prises en charge pour les patients en affection de longue durée (ALD) … / … l’hypertension artérielle isolée ne sera plus inscrite à la liste des ALD … / … De fait, ces transferts de charge seront tout simplement imposés aux usagers après la publication des différents textes réglementaires … / … “

D’où proviennent ces informations ? Et bien, tout simplement des déclarations de Roselyne Bachelot, lors de la présentation du Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2010. Et que disait-elle ?   ” Tous les acteurs du système de soins devront poursuivre les efforts engagés et les maintenir dans la durée” … Les patients compris !

Si certains argueront que la baisse du remboursement de quelques médicaments ou pansements n’est pas un drame, en ce qui concerne les ALD, on ne parle pas de remèdes au “Service médical faible ou insuffisant” Car, il s’agirait ni plus ni moins que de faire payer ceux que de graves maladies rendent les plus fragiles, en : Supprimant la prise en charge systématique des patients atteints d’affections de longue durée (ALD) comme l’indiquent la Mutualité Française et Futura santé

Ces mesures, que condamne Catherine Lemorton, député PS qui fait remarquer qu’il y a : ” … / … quasi-obligation, pour ceux qui en ont les moyens, de recourir à une complémentaire santé pour se garantir un taux de couverture décent … / … “   C’est vrai ! Mais, si on en parlait, justement des organismes d’assurances qui vendent de la “complémentaire santé” et se voient accorder par le gouvernement la plus belle des rentes ? C’est UFC-Que Choisir, qui s’en est chargée et nous donne ses constatations dans une enquête publiée le 30 septembre, sur le coût des dépenses de santé des ménages : ” … / … l’inflation des primes est sans rapport avec les remboursements »Soit une progression de 44% par personne couverte, entre 2001 et 2008, contre seulement une croissance de 27% des prestations de remboursement … / … Quand une personne consacrait 407 euros à se soigner en 2001, elle devait y consacrer 618 euros, sept ans plus tard. Soit une progression de 52% … “

Si les assurés sont pieds et poings liés face à cette nouvelle “réforme”, il n’en est pas de même semble t-il du côté du corps médical.

En effet, dans un article mis en ligne le 26 octobre 2010 par le site Le Journal de Médecine, on apprend que : ” … / … L’attention des professionnels de santé et de l’ensemble des observateurs devrait se concentrer sur les garanties données quant au respect des hausses de tarif (notamment le passage du C à 23 euros pour les généralistes) … / … la disposition qui prévoit que les augmentations d’honoraires pourront s’appliquer trois mois (contre six auparavant) après la signature d’un accord entre l’Assurance maladie et les professionnels de santé devrait se révéler très rassurante … / … “

Mais comme le fait remarquer Le Figaro : ” Alors que l’Assurance-maladie devrait enregistrer cette année un déficit historique de 14,5 milliards, la revalorisation des généralistes lui coûtera environ 250 millions par an. Le prix, espère le chef de l’État, de la réconciliation avec le corps médical, l’une des cibles électorales traditionnelles de la droite, qui a visiblement déserté lors des régionales, marquant son exaspération … / … ” CQFD !

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[retraites] Financement des retraites : l’Etat/MEDEF fait cadeau de 172 milliards aux entreprises chaque année

octobre 30, 2010 Laisser un commentaire

Sources

 

La Cour des comptes dénombre:

  • « 293 niches fiscales pour les entreprises (35 Mds € soit 47 % des dépenses fiscales),
  • des dispositifs dérogatoires divers              (71 Mds €)
  • et 64 niches sociales                                              (66 Mds €),

soit un total de 172 milliards d’euros !

Cela représente 56 % des recettes de l’Etat français. [...]

Contrairement à ce qu’on nous répète, il existe donc bien des solutions alternatives pour compléter le financement par répartition de nos retraites.

Au delà, avant de vouloir supprimer un fonctionnaire sur deux et installer la « rigueur », l’Etat ferait bien de commencer par vérifier l’efficacité de ses investissements, comme ces (trop) nombreux dispositifs exonératoires, » constate Jean-Daniel Kant, chercheur en économie. En annexe, un extrait du rapport publié par la Cour des comptes.

 

Par Jean-Daniel Kant, maître de conférences et chercheur en économie computationnelle, Le Monde, 27 octobre 2010

La crise sociale qui secoue notre pays depuis que le gouvernement a proposé de réformer le système de retraite français est à un tournant. D’un côté, la rue ne semble pas prête à abdiquer face à ce qu’elle considère comme une régression et une injustice. De l’autre, le gouvernement et le président restent “droits dans leur botte”, sûrs d’avoir trouvé “la” bonne solution pour financer les retraites (mais seulement jusqu’en 2018 ou 2020) et pariant sur un pourrissement du conflit, fût-ce à un coût économique élevé (les grèves coûtent cher pour tout le monde) dont notre pays n’a pas vraiment besoin. Et à un coût social, s’ajoutant à la longue liste des détériorations des relations sociales, alors que notre pays figure déjà, hélas, en bas du classement mondial dans ce domaine, comme l’a montré par exemple Thomas Philippon.

Si l’on se penche sérieusement et honnêtement sur la réforme proposée par le gouvernement Fillon, elle apparaît mathématiquement inefficace (elle ne résout pas vraiment les problèmes de financement, ni avant 2020 ni encore moins après) et surtout elle est totalement injuste, en particulier pour ceux qui auront commencé à travailler tôt, pour ceux qui exercent des métiers pénibles, pour les femmes, etc. On pourra par exemple lire les démonstrations d’Arnaud Parienty dans Alternatives Economiques, ou celles de Thomas Piketty. Il apparaît indispensable, comme semblent le penser les principaux syndicats tels la CGT et la CFDT, de remettre totalement à plat notre système de financement des retraites afin de bâtir un système plus clair et efficace, fondé sur la répartition et la justice, et des pistes intéressantes apparaissent (voir par exemple Bozio et Piketty). Il faut un débat serein et surtout l’inscrire dans la durée : la plupart des pays qui ont réformé leur système de retraites, comme l’Allemagne, l’ont fait sur plusieurs années.

Le problème, c’est que, quelle que soit la solution retenue, il va falloir trouver de l’argent. Beaucoup d’argent, semble-t-il, on parle d’un déficit de 30 milliards en 2010, même si ce chiffre est parfois contesté. Plusieurs pistes sont évoquées en alternative au projet gouvernemental. On pourrait par exemple, au titre de la solidarité, faire cotiser des revenus supplémentaires comme ceux venant des stock-options, des bonus et de l’intéressement, comme le propose le Parti socialiste. Mais ces mesures semblent ne couvrir que 10 milliards maximum.

SUPPRIMER DES EXONÉRATIONS INEFFICACES ET INJUSTIFIÉES

On pense aussi, comme le PS et d’autres, à une taxation des revenus financiers. Sur le principe, la question est bien ancienne mais toujours d’une actualité brûlante : celle du rapport entre capital et travail (pour ceux qui en douteraient encore, ou pour les amnésiques, doit-on rappeler la crise financière des subprimes dont nous “sortons” à peine et qui n’a pas vraiment été réglée, si ce n’est pas les contribuables au sens propre du terme ?), et l’indispensable rééquilibrage face aux dérives d’un capitalisme financier et virtualisé, déconnecté de l’économie réelle. Le problème c’est que dans la pratique, il n’est jamais simple de taxer les revenus financiers dans cette économie mondialisée qui a tout prévu pour que justement, on ne puisse pas le faire : les actionnaires menacent alors d’aller investir ailleurs ou, afin de conserver des rendements élevés, ordonnent des mesures d’économie dans d’autres domaines, entrainant des licenciements ou des délocalisations. La mise en pratique de cette taxation, qui nécessiterait de le faire au niveau mondial, semble donc difficile et impliquera un plan de bataille mûrement réfléchi, avec une mise en place progressive, au minimum au niveau européen et donc sur le long terme.

En attendant, plutôt qu’ajouter de nouvelles taxes, une solution est de supprimer des exonérations inefficaces et injustifiées. Or il se trouve que le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) a rendu le 6 octobre un très pertinent rapport sur les “entreprises et niches fiscales et sociales”. Il mériterait qu’on y prête plus d’attention, car il contient de véritables pépites pour trouver des financements sociaux. Ainsi le CPO ne dénombre-t-il pas moins de 293 niches fiscales pour les entreprises (35 Mds € soit 47 % des dépenses fiscales), des dispositifs dérogatoires divers (71 Mds €) et 64 niches sociales (66 Mds €), soit un total de 172 milliards d’euros ! Cela représente 56 % des recettes de l’Etat français. Bien sûr, le rapport ne dit pas que toutes ses mesures sont à supprimer, et jugent certaines efficaces, comme celle de l’allègement de charges sur les bas salaires ou le crédit impôt recherche (CIR). Concernant le CIR, qui a été élevé à 4 Mds € en 2010, un rapport de l’IGF avait effectivement conclu à son efficacité, car il aurait entrainé une augmentation des dépenses en R&D des entreprises françaises (aux frais de l’Etat…). Le chercheur que je suis ne peut regretter qu’on ne se contente ici que d’une évaluation purement économétrique au détriment d’une évaluation plus profonde et qualitative. Il faudrait par exemple regarder précisément quelles innovations ont été produites grâce au CIR et n’auraient pu être produites sans lui.

De façon générale, le rapport du CPO énumère de nombreux dispositifs d’exonérations pour lesquels ne sont pas atteints ou, pire, absents (comment les évaluer alors ?, et les justifier ?). Parmi la liste des dispositifs non efficaces, on trouve la baisse de la TVA sur la restauration (3 Mds), la défiscalisation des heures supplémentaires (4,1 Mds), l’exonération de TIPP en faveur des biocarburants (643 M €) ou les mesures en faveur des retraites chapeaux. D’autres dispositifs méritent d’être réduits. Par ailleurs, le problème est complexe car, dans certains cas, supprimer une exonération coûte plus cher que l’économie rapportée. Les propositions d’économies suggérées par le CPO sont estimées entre 15 et 29 Mds ; la fourchette haute n’est donc pas très éloignée de ce qu’on nous demande maintenant pour les retraites.

Et si on appliquait ces suggestions ? A moins qu’on ne préfère, une fois de plus, enterrer un rapport qui prône le bon sens et le bon usage du denier public, cela par manque de courage politique ?

Quelle qu’en soit la complexité, il paraît clair qu’une évaluation minutieuse de l’ensemble de ces dispositifs exonératoires permettrait sans nul doute de dégager des sommes substantielles pour la sécurité sociale et le financement des retraites, sans avoir à faire porter le poids, une fois encore, sur les individus et notamment les plus faibles.

Cette démarche devrait être prolongée par une totale mise à plat de notre système fiscal, pour le rendre à la fois plus lisible et plus juste.

Contrairement à ce qu’on nous répète, il existe donc bien des solutions alternatives pour compléter le financement par répartition de nos retraites. Au delà, avant de vouloir supprimer un fonctionnaire sur deux et installer la “rigueur”, l’Etat ferait bien de commencer par vérifier l’efficacité de ses investissements, comme ces (trop) nombreux dispositifs exonératoires.


Rapport de la Cour des comptes

Conseil des prélèvements obligatoires, rapport du 6 octobre 2009

Note de Synthèse – extraits

Des dispositifs dérogatoires de plus en plus nombreux au coût croissant

293 dépenses fiscales bénéficiant aux entreprises sont recensées dans le PLF [ projet de loi de finances - ndlr] pour 2010, sur un total de 506 dépenses fiscales.

Entre 2002 et 2010, le nombre des dépenses fiscales bénéficiant aux entreprises a augmenté de 16,27 %.

Sans prendre en compte les classements et déclassements de mesures existantes, le nombre de dépenses fiscales a cependant augmenté de 13,5 % en huit ans.

107 dépenses fiscales applicables aux entreprises ont été créées entre 2002 et 2010, soit près de 12 dépenses fiscales par an. Le rythme de création de nouveaux dispositifs dérogatoires semble de surcroît s’être accéléré : 87 de ces 107 dépenses fiscales ont ainsi été créées depuis le PLF pour 2006.

Un poids financier croissant des dispositifs dérogatoires applicables aux entreprises

Les 293 dépenses fiscales applicables aux entreprises représentent 35,3 Mds€ en 2010, sur un total de 74,8 Mds pour l’ensemble des dépenses fiscales (47,2 %) et leur coût a augmenté de 33 % entre 2005 et 2010 (+ 8, 77 Mds€).

L’augmentation du poids de ces dépenses fiscales a été particulièrement sensible entre 2008 et 2009, en raison de la hausse du coût du crédit d’impôt en faveur de la recherche : évalué à 1,5 Mds en 2008, le coût du dispositif est en effet évalué à 4,2 Mds€ en 2010.

S’ajoutent aux mesures qualifiées de dépenses fiscales les dispositifs dérogatoires qui ont été déclassés depuis 2006.

Leur poids est plus de deux fois supérieur à celui des dépenses fiscales applicables aux entreprises : il s’élève à 71,3 Mds€ en 2010, contre 19,5 Mds€ en 2005.

La hausse spectaculaire du coût de ces modalités particulières de calcul de l’impôt est essentiellement liée à un nombre restreint de dispositifs relatifs à l’impôt sur les sociétés :

- le régime des sociétés mères/filles (34,9 Mds en 2009),

- le régime de l’intégration fiscale pour les groupes (19,5 Mds en 2008)

- et la taxation au taux réduit des plus-values à long terme provenant de cessions de titres de participation (évalué à 6 Mds en 2009)

sont les trois mesures les plus coûteuses.

Parallèlement, le coût des niches sociales applicables aux entreprises est également élevé : il a été évalué à plus de 66 Mds€ pour l’ensemble des prélèvements sociaux dans le cadre du présent rapport, dont près de la moitié au titre des allègements et exonérations de cotisations sociales et plus de 26 Mds au titre des exemptions d’assiette.

Au total, les dispositifs dérogatoires fiscaux et sociaux applicables aux entreprises, entendus au sens large, représentent plus de 172 Mds€ en 2010 et constituent une part importante des recettes fiscales et sociales. (ndlr : nous soulignons)

 

 

[retraites, sarkozy,Sevriena] Occupation symbolique CNT-Solidaires du siège de Malakoff Médéric le 27 octobre 2010 à Paris contre Sevriena

octobre 30, 2010 1 commentaire

Source:

  • CNT

Pourquoi avoir occupé symboliquement le siège de Malakoff Médéric ?

L’explication est assez simple : Malakoff Médéric, dirigée – est-ce un hasard ? – par Guillaume Sarkozy, frère aîné du président des riches, a déjà préparé l’application de la contre-réforme des retraites…

Cette entreprise, premier groupe paritaire de protection sociale en France, a créé récemment avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP Assurances, premier assureur de personnes, qui assure notamment la gestion des régimes Préfon, fonds de pension destinés aux agents de la fonction publique, et Fonpel, fonds de pension destiné aux élus locaux), une société appelée Sevriena, dont le but est de rafler le marché juteux de l’épargne retraite à partir de janvier 2011…

Preuve en est le document confidentiel de mars 2009 disponible sur le site du journal Politis, intitulé : « Projet de regroupement des activités d’épargne retraite et d’épargne salariale de CNP assurance, de Malakoff Médéric et de Quatrem » : « À l’horizon 2020, une baisse du taux de remplacement de l’ordre de 8 % est attendue pour une carrière complète. Cette baisse est toutefois variable selon le niveau du salaire et le profil de carrière [...]. Pour les salariés qui auront subi des “trous” de carrière et pour les générations qui prendront leur retraite après 2020, la baisse du taux de remplacement sera plus forte ». Le montant potentiel de collecte d’épargne retraite nécessaire pour financer le maintien du niveau de vie des futurs retraités en 2020 est estimé – dans ce document – à une belle somme « comprise entre 40 et 110 milliards d’euros, suivant les hypothèses de comportement des individus ».

Et encore une fois, comme par hasard, le projet de loi du gouvernement comporte un titre V, peu ébruité par les médias, qui vise à développer la retraite par capitalisation : « Mesures relatives à l’épargne retraite. »

Nous aurait-on encore menti ? La réforme actuelle n’aurait-elle pour but que de faire baisser les pensions par répartition afin d’imposer à ceux qui en auront les moyens de souscrire à des retraites individuelles par capitalisation ?

Le calendrier extrêmement bien articulé de la création de la nouvelle entreprise de Guillaume Sarkozy et de la réforme de son frère chef de l’État semble finalement un hasard bien préparé…

Le projet du gouvernement et du patronat (Guillaume Sarkozy a d’ailleurs été vice-président du Medef jusqu’en 2006) est clair : détruire petit à petit le régime de retraite par répartition en baissant le niveau des pensions et en forçant de fait les salariés à avoir recours à la retraite par capitalisation… engraissant ainsi encore une fois des entreprises privées !

Face à la casse des retraites par répartition et au népotisme, ne baissons pas la garde. Prenons sur les profits pour payer les retraites ! Aujourd’hui à Médéric-Malakoff ; demain on continue !

Confédération nationale du travail (CNT-RP) et Solidaires Paris, le 27 octobre 2010

 

Voir aussi:

[sarkozy,Copé,MEDEF,retraites] les raisons d’un combat contre la réforme des retraites à mener jusqu’au bout !

octobre 26, 2010 Laisser un commentaire

Source: http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article4125

Ils en veulent toujours plus !

Ils en veulent toujours plus !

Jean-François Copé, hier (16 octobre 2010) à France-Info : « La réforme des retraites est la seule possible, nous n’avons pas le choix ; c’est la seule manière d’accroître le nombre de cotisants, pour sauver le système.» Monsieur Copé après tant d’autres, avec ce même discours, toujours pauvre en arguments. Gilles Desnots lui répond.

Pas le choix ?  Depuis quand la politique n’est-elle pas d’abord le fait d’un choix ?

 

Un choix de société

Un choix de société

Or le projet de réforme actuelle résulte bien de choix qui donnent leur logique à l’ensemble des mesures prises au moins depuis 2002 et à un rythme accéléré depuis 2007 sur le plan social : adapter complètement la société à l’économie libérale, en transférant à la gestion du marché la plupart des activités et des services.

Pour les services publics, pour les retraites, pour le système de sécurité sociale, pour les politiques de l’emploi, cette logique idéologique passe par les étapes suivantes :

  • faire porter de plus en plus le poids des dépenses par les citoyens (“socialiser les pertes“, NDLR)
  • décharger toujours plus les entreprises
  • et transférer à l’Etat et aux collectivités territoriales les charges qui leur incomberaient ;
  • pratiquer parallèlement une politique qui vise à limiter les recettes de l’Etat, afin, dans un deuxième temps de le contraindre à
    • assurer de moins en moins le financement des services publics,
    • mettre en difficulté les collectivités territoriales devant brutalement faire face à des dépenses sociales ne correspondant pas à leurs capacités de financement.

Il résulte de cela un ensemble de dysfonctionnements croissants et des inégalités de plus en plus graves dans l’accès aux services publics. Un même discours politique accompagne toute cette évolution, afin de donner une explication simple et d’orienter le mécontentement des usagers : les déficits et les dettes se creusent de manière dangereuse ; il y a de plus en plus de personnes âgées qui coûtent trop cher ; les services publics coûtent trop cher et sont inefficaces ; les raisons sont démographiques, donc incontestables, s’expliquent aussi par des lois désuètes héritées d’un passé révolu, des catégories de Français qui ne travaillent pas assez, profitent du système, dépensent sans compter, préfèrent l’assistanat à la responsabilité : chômeurs, précaires, jeunes, malades, fonctionnaires, etc.

Outre le fait que ce discours dirige l’opinion vers des boucs émissaires faciles, que chacun peut voir dans son quotidien, pouvant ainsi projeter ses rancoeurs et ses peurs, il participe à la segmentation de la société en entités antagonistes (nous et eux) qui contribue à une profonde crise du « vivre ensemble » ; ce discours évite aussi soigneusement d’analyser la conception du monde et les choix fondamentaux qui la déterminent.

Il légitime pourtant une accélération du démantèlement du modèle social français, puisque les solutions préconisées pour combattre ces dérives sont de chercher à soumettre tout le système social à la logique de gestion des entreprises, érigées en modèle d’efficacité, de rentabilité, et de saine comptabilité. Compression des dépenses d’investissement et de fonctionnement, désendettement prioritaire et brutal, restructurations des services et des tâches (on appelle cela des plans sociaux dans le privé), primauté absolue d’une gestion comptable, asphyxient désormais l’ensemble des services publics, la sécurité sociale et le système de retraites. Dans les services publics, la solution qui s’est peu à peu imposée est la délégation au privé d’une part croissante de missions et tâches.

Cela a un coût et contribue puissamment à introduire une logique qui rompt avec le pacte républicain d’égalité sociale et spatiale dans l’accès aux services : en effet, le privé peut rendre un service public mais il le fait en fonction de vos moyens. Aujourd’hui, cette inégalité est largement entérinée par les faits. De plus en plus nombreux sont ceux qui n’ont plus besoin des services publics traditionnels dans leur vie. Or ces Français appartiennent aux catégories aisées, majoritairement acquises à la vision libérale de la société, et électorat de base de la majorité parlementaire actuelle. Influents, ils peuvent légitimement se demander pourquoi il leur faudrait continuer à cotiser, ou financer par l’impôt, des services publics dont ils ne font plus usage. De la même manière, ces Français ne peuvent voir que de manière négative, me semble-t-il, un système de retraite par répartition contraignant et forcément injuste pour qui estime que la société doit s’organiser selon le principe libéral du « à chacun selon ses moyens ».

Il est parfois terrible de se dire que ce principe se retrouve très souvent dans la bouche des jeunes, et de nombreuses personnes qui ne peuvent que souffrir dans pareille société. C’est pourtant un paramètre essentiel à prendre en compte aujourd’hui, dès lors que l’on est attaché aux retraites par répartition et aux services publics traditionnels. L’individualisme et le consumérisme sont devenus des éléments structurant les mentalités et la vision du monde de la majorité d’entre nous. Et c’est sans doute ce qui explique aussi les difficultés croissantes à mobiliser l’opinion sur la défense d’une conception de la société fondée sur la solidarité collective.

Le projet de réforme des retraites, pourtant, soulève aujourd’hui une très forte opposition de la part des perdants potentiels (et déjà réels) d’une société libérale. La contestation actuelle devrait être l’occasion d’une remise à plat de toutes les évolutions négatives que la majorité du corps social subit depuis des années. Il s’agit bien, n’en déplaise à M. Copé, d’une opposition à des choix politiques, parce que les manifestants d’aujourd’hui pressentent bien qu’il y en aurait d’autres.

Le discours sur l’inéluctabilité de la réforme actuelle des retraites est donc à combattre. Il présuppose déjà que les tenants du pouvoir possèdent une vérité incontestable, ce qui est contraire à l’essence même de la démocratie. La droite a très souvent l’habitude de croire qu’elle est propriétaire naturelle du pouvoir. Cela induit un réel mépris de la souveraineté populaire, mais aussi des citoyens ordinaires. La droite gagnerait peut-être à jouer franc jeu et expliquer clairement son projet de société. Ne pas le faire n’est-ce pas avouer qu’il n’est pas acceptable pour la majorité ?

Quant à l’absence d’autre choix, ce mensonge continuera d’être facilement véhiculé tant que la gauche n’aura pas élaboré un contre projet cohérent et alternatif, et tant que les medias ne sortiront pas de leur paresse (“les médias et les illusions nécessaires”, NDLR) à contredire les hommes politiques et à débattre vraiment avec eux.

C’est à nous, dans la rue et sur nos lieux de travail, aujourd’hui, à créer les conditions d’une alternative à la démolition de notre système social.

La réforme actuelle, en n’opérant qu’un ajustement comptable dans le cadre existant ne peut qu’aggraver la fracture sociale en provoquant une forte dégradation du niveau de vie de millions de personnes. Elle contient donc son propre échec et doit être considérée comme une étape vers une mise en cause plus frontale des retraites par répartition : par tarissement des pensions à venir, les salariés seront de fait amenés à financer leurs retraites en recourant à des entreprises privées, à des fonds de pension. Les systèmes de capitalisation sont pourtant injustes et illusoires, comme le montre la crise financière actuelle.

Ils ne peuvent permettre d’assurer à tous des conditions de vie dignes ; ils contribuent à entretenir toute la vie l’angoisse de la précarité.

Le principal argument du gouvernement est de justifier l’allongement de la durée de cotisation et le recul de l’âge de la retraite par la nécessité de trouver de nouveaux cotisants. Il faut le prendre au mot et lui opposer une autre logique : pourquoi ne pas avoir comme priorité l’emploi des jeunes (autrement que par les boulots précaires) et le maintien des quinquagénaires au travail (au lieu de les pousser vers la préretraite, ou les maintenir au chômage une fois licenciés) ?

Pourquoi ne pas repenser la répartition de la richesse produite, qui depuis vingt ans s’est faite largement au profit du capital et au détriment du travail ?

Comment croire qu’un pays qui est l’un des plus riches du monde, et qui a une des plus hautes productivités ne trouve pas les moyens de résoudre la question des retraites autrement qu’en assumant une aggravation dramatique des inégalités et de la pauvreté ? Pourquoi le gouvernement veut-il faire croire que les cotisations sociales sont une destruction de richesses alors qu’elles ont toujours été un transfert entre catégories sociales ?

Pour toutes ces questions le Président de la République, le gouvernement et sa majorité parlementaire ont répondu en faisant un choix idéologique et politique : transformer la France en société libérale, organisée par les marchés et à leur service.

La collusion entre le pouvoir politique et les milieux d’affaires n’est plus à montrer. Ce à quoi nous assistons a donc bien un nom : c’est une politique de classe. Elle génère le conflit, et encore plus dans une situation de crise économique où les enjeux de pouvoir sont exacerbés.

Les autorités politiques poussent donc aujourd’hui le corps social dans une logique de rapport de force. Faisons le choix d’y faire face jusqu’au bout.

A Hyères, 16 octobre 2010

[sarkozy, Estrosi, MEDEF,retraites] Estrosi a-t-il lu le projet de réforme ? faire cotiser 44 ans les ouvriers et 41 ans les cadres

octobre 26, 2010 Laisser un commentaire

Les riches se gavent !

Les riches se gavent !

Source: http://www.marianne2.fr/Retraites-Estrosi-a-t-il-lu-le-projet-de-reforme_a198989.html

Christian Estrosi, invité lundi soir sur le plateau de «Mots Croisés» pour parler de la réforme des retraites, n’avait pas à l’évidence bossé à fond son sujet… À moins qu’il n’ait tenté de faire avaler n’importe quoi aux téléspectateurs. Caramba, encore raté!

On pensait que le débat sur la réforme des retraites ne nous réservait plus aucune surprise. C’était oublier l’immense capacité de Christian Estrosi à innover, notamment en matière de bourdes affligeantes. Invité lundi 25 octobre sur le plateau de «Mots croisés» en compagnie de Laurence Parisot, François Chérèque et Bernard Thibault, le ministre de l’Industrie a fait la démonstration de son ignorance sur un sujet pourtant capital : celui de la réforme des retraites.

Retour en arrière : lundi soir, dans Mors Croisés, François Chérèque évoque les deux piliers de la réforme –à savoir l’âge légal de départ à la retraite et la durée de cotisation-, et dénonce une aberration contenue dans ce texte : « vous avez raison de poser le problème de la justice vis-à-vis de l’âge. La réforme telle qu’elle est faite consiste à faire cotiser 44 ans les ouvriers et 41 ans les cadres ». Aussitôt, le ministre de l’Industrie vole au secours de ce projet de réforme et tente de couper le sifflet du leader CFDT : « ceux qui ont commencé à cotiser à 18 ans, prendront leur retraite à taux plein à 60 ans », assure-t-il.  Ce que contestent aussitôt François Chérèque et Bernard Thibaut. Face à la réaction outrée de Laurence Parisot et de Christian Estrosi, Chérèque précise quelques instants plus tard son propos. « Ceux qui ont commencé à travailler à 17 ans cotiseront 43 ans. Ceux qui ont commencé à 18 ans, cotiseront 44 ans », détaille-t-il. Qui a dit que cette réforme était juste ?

« Ce n’est pas possible que vous disiez au ministre » qu’il ment, s’étonne alors Yves Calvi. Euh… si. Et c’est Laurence Parisot elle-même, « la marraine de la réforme des retraites » qui le dit: « Sur ce point, c’est vrai… », avoue la présidente du MEDEF, donnant ainsi raison à François Chérèque. Elle n’a pas vraiment le choix, cela dit : ces dispositions figurent dans le texte de loi. Encore fallait-il le lire. Ce dont Christian Estrosi, ministre de l’Industrie pas très industrieux, s’est apparemment cru dispensé !

[sarkozy,MEDEF,retraites] Adresse aux salariés, chômeurs et précaires des pays de l’Union européenne pour le blocage économique !

octobre 26, 2010 1 commentaire

source: http://juralibertaire.over-blog.com/article-adresse-aux-salaries-chomeurs-et-precaires-des-pays-de-l-union-europeenne-59671054.html

Il y a ceux qui font les réformes, il ya ceux/celles qui en crèvent !

Il y a ceux qui font les réformes, il ya ceux/celles qui en crèvent !

Nous sommes précaires, salariés, étudiants ou chômeurs, actuellement impliqués dans la lutte contre la réforme des retraites du gouvernement Sarkozy, qui prévoit le recul de l’âge légal de départ à la retraite et l’augmentation du nombre d’années de cotisation pour pouvoir y prétendre. Cette mesure qui va entraîner la dégradation des conditions de vie des couches précarisées et une progression notable des logiques de capitalisation, se situe dans la droite ligne des politiques thatchériennes menées par le gouvernement Sarkozy depuis 4 ans, mais aussi de la plupart des pays européens depuis vingt ans de règne de l’orthodoxie néolibérale. Cette politique de régression sociale (privatisations, gel des salaires, coupes dans la fonction publique et les budgets sociaux), fait d’autant plus durement sentir ses effets que la récession de 2008-2009 (et son cortège de licenciements massifs) bien loin d’entraîner une révision des dogmes libéraux, a permis de justifier une nouvelle surenchère de plans de rigueur au détriment des classes populaires.

Dans de nombreux pays, comme en Grèce et en Angleterre, on ne craint plus dorénavant d’annoncer de brutales réductions des salaires et des pensions, quand dans le même temps les banques sont sauvées à coups de centaines de milliards. Partout on multiplie les mesures favorables à la bourgeoisie : «boucliers fiscaux», contrats ultra-précaires exonérés de charges voire main d’œuvre gratuite, facilitation des licenciements, restriction du droit de grève et criminalisation des mouvements sociaux. Partout on cherche à détourner la colère populaire sur un bouc émissaire : le Rrom, l’Arabe, le «mauvais chômeur» feront les bons coupables. Partout cette Europe qui s’est construite sur le mythe du progrès social et culturel continu et garanti par les institutions, est en train de recréer le prolétariat indésirable qu’elle avait cru avoir assimilé. La paix entre les États européens a pour double revers d’exporter les conflits pour l’exploitation optimale des richesses hors du continent, et la coopération de tous les petits-maîtres de l’économie européenne contre tout ce qui contrevient à ses lois, résistance populaire ou régimes de protection sociale. En même temps qu’on se barricade contre les migrants, on continue à importer la part de main d’œuvre qui aura pour fonction d’accomplir ce que les «Européens de souche» ne veulent plus faire, et à exporter les industries qui pourront exploiter à moindre coût l’autre part de cette main d’œuvre assignée quant à elle à résidence par les multinationales de l’Europe-forteresse.

En réponse à cette situation désespérante, les événements du printemps dernier en Grèce ont ouvert la voie d’une contre-offensive à l’échelle européenne. Mais la stratégie plus que timorée des centrales syndicales, et le coup d’arrêt à la révolte provoqué par le drame de la banque Marfin’s, ont jusqu’à présent ajourné la reprise d’une conflictualité ouverte.

Nous autres subordonnés de l’Entreprise-France, avons été depuis 2003 (le précédent mouvement contre une autre «réforme» des retraites) à l’école de cette stratégie vouée à l’échec des «journées d’action» ponctuelles et espacées dans le temps. Après un mois de conflit, la base des centrales syndicales est maintenant acquise à l’idée d’une grève reconductible et généralisée.

Selon un récent sondage, la majeure partie de la population souhaite une «radicalisation» du mouvement face à un gouvernement inflexible. Nous avons tous en mémoire le mouvement étudiant et lycéen partiellement victorieux dit de l’«anti-CPE» du printemps 2006, qui avait imposé, à côté de la grève et de la manifestation, la forme de lutte du blocage économique. Dans la plupart des grandes villes, tandis que les universités en grève étaient bloquées et occupées plusieurs semaines durant, tandis que des manifestations de masse s’achevaient régulièrement par des affrontements, les grévistes avaient eu recours au blocage d’axes routiers, de centres commerciaux, de gares et d’aéroports, ou encore, de centres de tri postaux et de dépôts de bus. À la fin, le MEDEF supplia un autre «inflexible» gouvernement de faire preuve d’une souplesse susceptible de rétablir l’activité économique normale. Le CPE fut retiré (mais pas la loi dont il n’était qu’un des articles).

Aujourd’hui, ce n’est pas un hasard si les audacieux coups de dés du mouvement de 2006 apparaissent comme la grammaire élémentaire des tendances les plus actives dans la lutte contre l’actuel projet gouvernemental. À Rennes, les centres commerciaux sont visés à chaque manifestation. Les grèves les plus résolues affectent notamment les raffineries et les dépôts de pétrole ; véritable avant-garde du mouvement, les grévistes marseillais paralysent le port et impriment à leur ville la pulsation du mouvement. Les cheminots sont eux aussi en première ligne, et les routiers ont rejoint le mouvement. Nous savons que plus nous prenons confiance en notre propre force, plus notre joyeuse détermination devient communicative. Les images des piquets volants de Barcelone, qui faisaient fermer en septembre dernier tous les commerces le jour de la grève générale, n’ont sans doute pas été pour rien dans la volonté de systématiser ces pratiques. Nous savons que seule peut nous assurer la victoire la capacité à contrecarrer l’actuelle stratégie gouvernementale de pourrissement et d’intimidation.

Celle-ci se traduit notamment par le recours croissant aux violences policières : plusieurs jeunes manifestants grièvement blessés, des centaines d’arrestations et des condamnations délirantes (par exemple, de la prison ferme pour un feu de poubelle), un usage devenu normal du matraquage et du gazage pour débloquer la circulation routière. Cette violence s’accompagne d’un piétinement du droit de grève (réquisitions des ouvriers de la pétrochimie, menaces de lourdes condamnations en cas de refus).

Selon nous, l’heure est à un recours massif à l’arme du blocage économique. Par ce moyen, les chômeurs et précaires qui n’ont pas accès à un lieu de travail stable et durable peuvent participer à la pression des grévistes «traditionnels» sur les dividendes patronaux. Le blocage économique, comme tactique de durcissement de la grève, est néanmoins accessible à tous. Si la grève (de salariés, d’étudiants, de lycéens, la «grève» de l’insertion forcée des chômeurs et précaires) libère le temps et l’attention de leur subordination aux circuits économiques, le blocage économique permet d’employer pleinement ce temps libéré à la perturbation de ces mêmes circuits pilotés par les pouvoirs que nous combattons, et de les perturber bien plus sûrement que la paisible manifestation qui ne leur occasionne pas le moindre préjudice (mentionnons par exemple les excellentes affaires de la restauration rapide lors des «journées d’action»). Le blocage économique permet ainsi, dans une économie intégrée et disséminée dans ses flux de capitaux, de marchandises et d’information, de généraliser les impacts occasionnés par une grève encore limitée à quelques secteurs. Il peut également permettre d’opérer des rencontres entre des grévistes venus bloquer un site et les salariés de ce même site encouragés par cette action à rejoindre le mouvement. La grève elle-même peut être directement envisagée comme une arme de blocage économique, qui permette au mouvement de durer, et sans nécessairement signifier une grève reconductible illimitée très difficile à tenir pour les salariés : grèves perlées, grèves tournantes, grèves qui paralysent certains secteurs ou postes «clés» que les autres peuvent soutenir financièrement.

La victoire, même symbolique et partielle, de ce mouvement, ne peut à coup sûr que venir de là : que chaque collectif de lutte, chaque syndicat local, chaque groupe formel ou informel de militants, d’amis, de collègues, de parents, en même temps qu’il cherche à se coordonner avec d’autres, s’autorise à constituer son propre piquet volant.

De telles formes de disponibilité à la lutte seraient tout à fait compatibles avec des moments de ralentissement où nous pourrions prendre le temps de nous organiser matériellement, de partager des idées, un repas, des chants et des expériences… En ces temps où le gouvernement n’hésite plus à recourir à la police ou à des menaces d’emprisonnement pour déloger les piquets et forcer la reprise du travail, se rendre disponible à la plus grande mobilité, être capable de se rassembler au plus vite en un point pour faire masse indélogeable, comme à se disséminer pour bloquer la métropole en dix points à la fois, est à nos yeux la seule manière vraiment cohérente de se «mobiliser», pour reprendre la formule syndicale, le meilleur emploi possible du temps libéré par la grève.

Alors que nous approchons pas à pas d’une pénurie de carburant, la question des cibles prioritaires du blocage semble déjà résolue : raffineries, dépôts pétroliers, axes de transports en tous genres, centres commerciaux, plates-formes de distribution… Signalons également l’intérêt des blocages qui contribuent à faire sortir cette affaire du ghetto national.

Pensons par exemple au tourisme qui constitue un des «poumons» économiques majeurs de notre continent-musée : grands hôtels et restaurants, grands spectacles, consommation de luxe… Songeons aussi à l’intérêt d’encourager certains médias à «débloquer» l’information et à donner la parole à ceux qui en sont institutionnellement privés. Pensons encore aux «quartiers d’affaires» de nos métropoles, qui pourraient colporter aux quatre coins du monde la mauvaise réputation de leurs «provinces» mal colonisées…

Cheminots belges, sidérurgistes Castillans, dockers marseillais, coursiers grecs, intérimaires, précaires et indésirables de partout, votre combat est le nôtre.

Partout nous devons répondre de manière solidaire et coordonnée à chaque attaque faite par un quelconque de nos oligarques nationaux, plus ou moins complice des commissaires et banquiers européens.

Pour l’arrêt des contre-réformes et des plans de rigueur, pour l’amélioration de nos conditions de vie, pour une politique d’ouverture et de solidarité à l’égard des migrants et des prolétaires de tous les pays, formons partout des comités de lutte, des assemblées générales interprofessionnelles, des brigades de piquets volants coordonnés de proche en proche par delà les frontières.

Bloquons l’Europe du capital, débloquons l’Europe forteresse, débarrassons-nous des Sarkozy, Merkel, Barroso et autre Berlusconi ! Grève générale reconductible ! Blocage économique !

 

Bloquons tout !

Des participants à l’assemblée générale des étudiants de Rennes 2, au mouvement des chômeurs et précaires, et à l’Assemblée générale interprofessionnelle de Rennes, le 25 octobre 2010.

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Piquet_de_gr%C3%A8ve (‘Le piquet de grève est une forme de grève au cours de laquelle des grévistes se réunissent à l’intérieur et aux alentours du lieu de travail. Le but pour les travailleurs grévistes est de se rassembler et de bloquer autant que possible la production, ce qui implique généralement de dissuader, voire d’empêcher les travailleurs non-grévistes d’aller travailler. Les grévistes qualifient généralement le fait de franchir le piquet pour aller travailler de tentative de « briser la grève », en particulier dans le cas des grèves reconduites régulièrement par un vote majoritaire des salariés (en Assemblée générale le plus souvent). Un piquet de grève peut avoir plusieurs objets, mais c’est généralement dans le but de faire pression contre la direction qui doit accepter les revendications. En décourageant ou en empêchant les salariés non-grévistes d’entrer sur leur lieu de travail, la production de l’entreprise diminue plus gravement qu’en cas de seule inactivité des grévistes ce qui cause des pertes aggravées aux entreprises. La pression s’exerce entre direction et gréviste par le biais financier. Le piquet de grève peut faire perdre des clients et produire une mauvaise publicité. Ce mode d’action est ancien, déjà connu lors des « grèves par occupation d’usine » de 1936 en France, qui aboutirent à la mise en place des congés payés. Un piquet de masse consiste à amener autant de personnes que possible à former un piquet, afin de démontrer le soutien aux revendications. Il s’agit d’un moyen particulièrement efficace lorsqu’un piquet est établi devant un unique lieu de travail, symboliquement ou financièrement important. Le nombre de personnes impliquées dans les piquets de masse peuvent les transformer en blocus complet. Un piquet volant se déplace le long de la chaîne de production de façon à causer le maximum de nuisance à l’entreprise.’)

[retraites] Les violences policières à Lyon + racisme : “Ils m’ont dit que les Blancs passaient mais pas les autres”

octobre 24, 2010 1 commentaire
Racisme d'Etat

Racisme d'Etat

Police partout, justice nulle part !

Police partout, justice nulle part !

Source: http://www.parisseveille.info/ils-m-ont-dit-que-les-blancs,2357.html

Un témoignage de plus sur les « innovations policières » lyonnaises…

« Il est 3h du matin, et je ne peux toujours pas dormir, après ce que j’ai vu et entendu aujourd’hui place Bellecour. Je suis restée bloquée d’environ 13h30 à 17h30, et je ne suis sortie saine et sauve, et sans contrôle, que parce que je suis blanche. »

J’ai vu un CRS faire le signe de décapitation en ricanant, à l’attention de mon ami. C’était après nous avoir dit qu’on pouvait sortir du côté de la Saône, en ajoutant « Merci qui ? ». Mon ami lui avait alors envoyé un baiser avec la main… Et voilà, comme ça, c’est beau : un représentant du pouvoir en place faire ce signe de mort en ricanant !

J’ai vu un type se faire prendre et tabasser lors d’une charge de CRS alors qu’il ne faisait rien, qu’il était juste là, tentant de fuir, de se protéger comme tout le monde. Au fait, se faire charger quand on sait qu’il n’y a aucune issue, c’est une sacrée expérience ! On a véritablement essayé de se préparer psychologiquement à se faire matraquer. C’est dur (hohoho).

Plus tôt, après une charge, des coups de feu (lacrymo ? flashball ?), je me retourne et je vois une fille à terre, inconsciente, de l’écume aux lèvres, derrière un kiosque à l’est de la place. Que doit-on faire ? Est-elle simplement évanouie ? A-t-elle reçu quelque chose dans la tête ? A-t-elle une crise quelconque ? A-t-elle besoin de secours d’urgence ? Je cours vers un mur de CRS, en hurlant, hystérique, d’appeler le SAMU (« IL Y A UNE FILLE A TERRE INCONSCIENTE ET C’EST A CAUSE DE VOUS ! » je hurle de toutes mes forces), JE VOIS ALORS UN CRS SOURIRE !!!

Avec mon ami, on a discuté avec beaucoup de ces « casseurs des cités » : tous étaient froidement conscients de la situation politique, et SURTOUT DU RACISME OMNIPRÉSENT. Les blancs eux, s’en sortiront, PAS EUX, ni aujourd’hui, ni demain, ni dans la vie ! On a discuté avec des jeunes qui correspondaient parfaitement aux clichés relayés par les médias : jeunes d’origine africaine à foulard, baskets, capuche… On a brièvement discuté de la réforme (“et on ne va pas travailler jusqu’à 70 ans !” me dit un jeune avec un petit sourire au lèvres : il le sait, il est surtout là pour se battre contre une société raciste et pourrie, dont la réforme est un élément qui finalement ne le concerne que de loin), on a appris que certains lycéens se battaient également contre la suppression des BEP, on a parlé du racisme, de la propagande… Tous semblaient résignés ; il n’y avait AUCUNE VIOLENCE.

Après l’ultime charge, le piège tendu contre nous vers 17h20, des tirs, on se plaque contre une vitrine avec d’autres jeunes, puis on se réfugie, mon ami et moi, paniqués, dans la première cour intérieure, pour se protéger des tirs (là encore, pas eu le temps de voir, ou de sentir ce que les représentants de l’État français tiraient). Il y a là, dans l’escalier de cet immeuble, un jeune d’origine maghrébine, un lycéen tout gentil, un peu enrobé, à la voix douce, bref tout sauf quelqu’un de menaçant et d’effrayant, qui s’est retrouvé bloqué vers 11h place Bellecour alors qu’il ne faisait que passer. Il nous a raconté, sans hausser la voix, comme si c’était là quelque chose de banal, qu‘un CRS, en le bloquant, lui a dit d’un air méprisant qu’il l’avait reconnu, lui, un « casseur » de ce matin 9h. Le garçon nous a alors dit : « à 9h, je faisais une interro ! ». « Ils m’ont dit que les Blancs passaient mais pas les autres ». Je lui ai alors fait répéter la chose, ne pouvant en croire mes oreilles. Oui, oui, le CRS lui a dit ça comme ça. Oui, oui. D’autres jeunes stigmatisés depuis leur plus jeune âge par les flics nous ont adressé plus tôt la parole, d’un air résigné : « eh pourquoi vous partez pas vous ? Vous êtes blancs, essayez, ils vous laisseront passer, vous… ». Nous n’avons pas essayé. Trop fiers pour tenter de partir, trop effrayés pour faire face à une charge de CRS.

Dans cette cour, trois filles sont ensuite venues non pas se réfugier, mais faire pipi. Elles sont ensuite ressorties ; nous n’avons pas osé.

Finalement, pas de contrôle d’identité pour nous : « coup de chance » : dans la cour où nous nous sommes « réfugiés » (on attendait les flics, prêts à mettre les mains sur la tête), on voit arriver des jeunes de droite à mèche ! Surréaliste ! Les cheveux de droite se reconnaissent de loin ; enfants de bourgeois habitant place Bellecour, et leurs copains riches de droite. Une discussion suit en bas des escaliers avec deux d’entre eux, pendant que des jeunes pauvres se font matraquer sur la place : non, tous les gens qui ont voté Sarko ne sont pas pour ça, nous dit l’un des jeunes à la coupe Sarko fils pré-tonte ; ça…. je ne peux pas le mettre en italique.

Mon ami s’énerve, lui dit que si, que si on a voté Sarko, on a voté pour le racisme, pour l’État policier, pour l’ORDRE, pour ça, CA… Les gens savaient, ils savaient pour quoi ils votaient : pour ça ! Le jeune d’origine maghrébine lui se tait, c’est juste un gamin qui veut rentrer chez lui. Ces deux jeunes de droite avaient l’air si sympathiques, si innocents, et pourtant c’est eux aussi la France qui pue. Au final, c’est « grâce » à un groupe de blancs riches que nous sommes sortis sans contrôle, la rage et la peur au ventre. Un flic à blouson en cuir et brassard entre dans la cour, nous dit de sortir, qu’on peut partir maintenant. On ne le croit pas ; je lui dis :« et tout à l’heure ? Vous nous avez dit qu’on pouvait partir ! ». Il m’ignore, et va parler aux riches. Le gamin se dirige vers la porte, on le retient en lui disant d’attendre pour sortir avec les blancs. Il refuse. On insiste, on le met en garde, mais il a son honneur, lui. Il garde la tête haute, et s’en va.

Puis nous sortons, nous, effrayés, avec ces gens, un bon Français aux cheveux gris et à lunettes, une dame à talons, et des autres Blancs. Nous passons devant les autres jeunes restés sur la place, qui sont maintenant contrôlés par les flics, un à un, vers le pont Bonaparte. Je n’ai pas pu retenir mes larmes en criant aux badauds, une fois le barrage de flics passé sans encombres, sans même un arrêt : « Nous sommes passés parce que nous sommes blancs ! Elle est belle la France, hein ?! »

Plus tard dans les rues touristiques du 5e, je vois une télévision dans un bouchon. Je m’avance, une commerçante me dit bonsoir, pensant que je suis une cliente. Je ne fais pas attention, je tente d’apercevoir des images de ce que je viens de vivre. La bonne arbeiter me redit bonsoir, cette fois fermement, comme si je lui avais manqué de respect, comme à une gamine. Je la regarde dans les yeux et lui répond « Bonsoir ». Je me retourne vers l’écran. J’entends la femme me lancer :« ah, la télé » comme si j’étais une mouche attirée par la lumière. Je réponds : « oui, je veux voir la propagande ». « La propagande ? » me lance-t-elle, d’un air à la fois moqueur et choquée. J’ai alors eu envie, pendant une fraction de seconde, de lui défoncer la gueule. Mon fiancé m’a prise et m’a enlevée de là, et je ne suis même pas arrivée à prononcer un mot intelligible. Nous sommes partis.

QUE DOIVENT RESSENTIR CES JEUNES CONSTAMMENT STIGMATISÉS SI MOI-MÊME JE PEUX RESSENTIR UNE TELLE HAINE APRÈS UNE APRÈS-MIDI ????!!!! RÉSISTANCE FACE A LA FRANCE QUI PUE !

[retraites] Ultra-violences policières à Lorient le 19 octobre 2010: usage de grenades explosives contre les manifestants !

octobre 24, 2010 1 commentaire

Un blessé à Lorient suite à l'explosion d'une grenade explosive

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